Le 100km
Mes premiers pas dans l'ULTRA.
Après m'être aligné sur une quarantaine de marathons en 7ans, le désir, toujours grandissant de voir au-delà
des 42,195km me fit franchir le pas vers le 100km.
« MILLAU » : La Mecque du centbornard, la fête, la convivialité. Sans vraiment d'entraînement spécifique
(80km/semaine) je m'engage pour la 25ème édition le 28 septembre 1996.
Comme à mon habitude, tout au feeling : ça va, on accélère, et quand ça tire,
et bien on ralenti, et on alterne course/marche. Mon atout principal est d'avoir mon épouse comme accompagnatrice à vélo.
Résultat : 11h34'44''. Heureux et conquis.
Depuis je suis revenu 3 fois à MILLAU :
- 1997 : 9h22'
- 2003 : 8h43'
- 2005 : 8h16'
Entre temps je m'alignais sur les 100km de BELVES :
-1999 : 9h21'
-2001 : 8h36'
Le SPARTATHLON
C'est mon ami Pascal qui me lança sur les routes de Grèce. Marielle, mon épouse,
m'accompagna la première année. Quelques mots au sujet de cette course mythique ont suffi à me décider.
Les inscriptions se font sur dossier. Quelque deux cents coureurs du monde entier sont sélectionnés d'après leur palmarès.
La course : 246km entre Athènes et Sparte à courir en moins de 36h. Des pointages éliminatoires tous les 3km,
ce qui donne à l'arrivée pas mal d'abandons ou d'éliminations. (Les CP font également ravitaillement).
Que du bitume mis à part une partie sur sentier pour atteindre le point culminant du parcours.
Pourquoi cette course attire ?
Sûrement pas pour son circuit : une quarantaine de kilomètres pour sortir de la circulation quasi incessante.
Mais quelle ambiance ! Pendant une semaine, vous vivez ULTRA vous parlez ULTRA, vous respirez ULTRA…
et puis cette arrivée à Sparte à la statue de Léonidas qui vous attend au pied de l'Acropole.
À trois reprises, j'ai pris le départ et à trois reprises j'ai eu le privilège
de toucher la statue de l'arrivée :
- 2001 : 33h49
- 2002 : 28h38
- 2003 : 33h01
Jusqu'à présent, je n'ai jamais connu une arrivée aussi émouvante que cette année
2002 où je finissais 7ème au scratch et 1er français. C'est en Grèce que j'ai fait mes premières
rencontres avec des personnes « hors normes ».
Le 24 heures
Ma connaissance en la matière est très limitée et pour cause, je n'ai participé qu'à deux « 24 Heures ».
Premier essai à Brive en 2002. Aucun objectif et pourtant 208 Km au compteur.
L'année suivante Brive était retenue pour organiser les championnats de France. Le rendez-vous était pris.
Le résultat fut probant : 5e au scratch avec 215 Km.
Quand il s'agit de tourner en rond pendant 24 heures, il faut une préparation mentale quelque peu spéciale.
Par chance ce parcours-là est des plus agréables et l'équipe de bénévoles est aux petits soins.
L'INTÉGRALE RIQUET
Que rêver de mieux que le Canal du Midi comme fil conducteur pour une course en ligne. Départ aux pieds de la statue de Pierre
Paul Riquet (allées Jean Jaurès) à Toulouse pour une arrivée sur l'étang de Thau, soit 240 Km non-stop.
Au départ, l'Intégrale Riquet se courrait en trois étapes, puis après discussion
et pour respecter au mieux le pur esprit « ULTRA », le choix de l'ouvrir en non-stop fit l'unanimité... et c'est comme ça
qu'un beau matin de juillet 2003, une quarantaine de fondus prirent le départ avec pour seul objectif : le phare des Onglous.
Ravitaillements « liquides » tous les 20 Km et « solides » tous les 60 Km.
Des pointages horaires à respecter pour une arrivée en trente-quatre heures maxi. (Sur le modèle du Spartathlon).
Ne sachant toujours pas freiner ma fougue, je pars bille en tête (moins de 3h au marathon et 8h30 au 100km).
Avec des hauts et des bas, je fais la course en tête jusqu'au kilomètre 202. À ce moment, grosse hypoglycémie.
Je reste allongé sous la couverture de survie pendant 1h. Mes deux poursuivants venaient juste de me rejoindre.
Sans l'intervention de mon accompagnateur à vélo, Michel, je me retrouvais dans une ambulance car la scène se passait sur la
piste cyclable de Béziers à une heure d'affluence et bon nombre de passants se proposaient d'appeler les secours.
Les ennuis n'étaient pas finis pour autant puisque, sur la dernière écluse, j'empruntais le mauvais côté
du canal et c'est là qu'à 5 Km de l'arrivée plutôt que faire demi-tour, je me mis à l'eau pour traverser le canal à la nage.
Je finis au pied du phare en 30h28' en troisième position.
La difficulté de l'épreuve fit le tri dans le peloton puisque seulement quatre coureurs franchirent la ligne dans les temps.
Deux heures supplémentaires furent accordées afin de pouvoir classer les coureurs ayant passé le dernier pointage dans les temps.
ON NE PERD QUE LES BATAILLES AUXQUELLES ON PARTICIPE.
Courir pendant 240km le long d'un cours d'eau bordé de platanes peut paraître ennuyant, mais j'y ai trouvé une façon
de m'évader assez extraordinaire. Seul bémol : le réveil vivifiant de l'eau du canal.
La BADWATER
Il y a quelques années de ça, alors que je parcourais une revue de course à pied,
je suis tombé sur un petit article qui faisait état d'une course de furieux : la BADWATER.
Le projet semblait innaxccessible rien qu'à l'idée du budget nécessaire à sa réalisation...
parfois, il suffit de s'en donner les moyens.
En effet, à deux reprises je foulais le sol de la Death Valley.
Le sujet n'est pas des plus simples : course en ligne de 217 Km entre Badwater (-85 m sous le niveau de la mer) et les portes du mont MC Whitney.
Pour réaliser ce challenge, il faut traverser la Vallée de la Mort avec des températures dépassant les 50°c à
l'ombre, gravir trois cols équivalant à 4500 m de dénivelé positif et cela sans aucun ravitaillement sur le parcours.
Délais : 60 heures.
Pour cette raison, chaque coureur a pour obligation d'être assisté par, au minimum,
deux personnes et un véhicule. C'est là que la quête aux sponsors commence. Sans eux, pas de course.
L'édition 2005 me fit prendre conscience de certaines choses. Au bout de cinquante kilomètres, j'étais anéanti, plus de jambes,
la tête me tournait, des vomissements, la totale quoi. Le staff médical m'a arrêté durant trois heures.
Il m'a fallu manger puis beaucoup boire pour pouvoir repartir. Pendant ce temps, le chrono filait.
Quand je repris la route le mal était fait et l'acide lactique fut long à éliminer.
L'idée d'abandonner m'a même traversé l'esprit. Mais ce n'était pas sans compter sur le soutien infatigable de mon équipe.
Marielle (mon épouse) et Pascal (mon coach) furent un atout important dans mes réussites.
À mon retour en course, j'étais bon dernier mais encore en piste. Toujours dans les délais,
je remontais au classement après un sursaut d'orgueil puis j'assurais pour arriver dans les temps.
Après tant d'erreurs et de souffrances, beaucoup de choses étaient à corriger
et c'est avec un gros mental que nous priment à nouveau le chemin de la Californie en 2006.
Cette fois-ci, pas d'approximations. Tenues, ravitaillements, et autres avaient été préparés avec soins.
Mon premier ravitaillement, je le prends sur la ligne de départ.
Ensuite tous les demi-miles Marielle et Pascal vont se relayer pour me mouiller à l'aide de pulvérisateurs et me donner par
alternance liquide et solide à avaler.
Tous les vingt-cinq kilomètres, je me plongeais dans une énorme glacière
afin de faire baisser ma température corporelle, et ce, afin d'éviter l'hyperthermie.
Vers le 150ème Km, Pascal se mit à courir à mes côtés jusqu'à
Lone Pine, dernier répit avant l'ascension qui mène à l'arrivée.
Résultat : quatorze heures de mieux, une sixième place au général et 1er européen.
C'est une course d'équipe qu'il faut mener de bout en bout. Que dire de plus ?
Si ce n'est que cette vallée est magique. La chaleur y est écrasante, même la nuit.
Ce calme, cette impression d'immensité, tout est fait pour nous signifier combien nous sommes petits.
La route est longue, mais le jeu en vaut la chandelle. De toutes les courses auxquelles j'ai participé jusqu'à
présent, celle-ci m'a ouvert les yeux sur les beautés dont recèle notre planète et sur la fragilité d'un écosystème.
La SAKURA-MICHI
Le Spartathlon Japonais, comme on aime l'appeler, mais c'est avant tout la course des cerisiers. En effet,
les Japonais vouent un culte aux cerisiers en fleurs et la date de la course correspond, à quelque chose
près, à leur floraison. 250 Km en ligne pour traverser l'île, de Nagoya à Kanazawa.
Peu de pointages éliminatoires mais quand même un temps limite de 36 heures.
Des ravitaillements tous les cinq kilomètres en moyenne, tenus par une foule de bénévoles d'une gentillesse incroyable.
Une chose est sûre, les gens qui encadrent la course n'ont qu'un soucis en tête, nous amener à l'arrivée.
Le Japon, dès notre arrivée, en impose par le calme et la discipline de ses habitants. Et sur la course, le respect et l'humilité
seront nos hôtes jusqu'à l'arrivée.
Comme toutes ces courses, la sélection se fait sur dossier. Une fois arrivés à Nagoya, nous nous rendons sur le lieu de
notre hébergement où nous accueille le maître en la demeure : M. Hiroshi Ogho, membre du comité d'organisation.
Seulement une vingtaine d'étrangers sont sélectionnés pour cette course et, les jours précédant
l'épreuve, tous logent chez M.Ogho, à la Japonaise. Inutile de vous dire combien l'hospitalité de cette
famille fut touchante. Tout est organisé pour que nous passions nos journées sans souci jusqu'au top départ.
C'est un des rares pays où l'alimentation quotidienne est en harmonie avec la pratique de l'ultra.
Le tracé ainsi que le déroulement de la course ressemblent pour beaucoup au Spartathlon.
Il faut venir à bout des soixantes premiers Km pour enfin sortir de la ville et de ses trottoirs.
L'arrêt aux feux est obligatoire même pour les coureurs, la circulation n'est pas un réel problème car
les automobilistes sont très respectueux, ils ont une autre conception des choses là-bas.
Tout au long de la route nous ne pouvons que constater la propreté de notre environnement.
Par contre, l'arrivée est assez triste malgré la présence de tous ces cerisiers en fleurs.
Une remise des prix très protocolaire avec la remise du somptueux trophée en bois de cerisier gravé.
Ce voyage laissera la plupart d'entre nous admiratifs devant la façon de vivre de ce peuple, leurs coutumes,
leur humilité et le respect dont ils font preuve pour la moindre des choses.
La Transe Gaule
Depuis 2001… donc six ans que ce projet sommeillait dans un coin de mes projets. À chaque édition, mon ami
Pascal me ressortait le sujet et chaque année les mêmes fausses excuses revenaient renforcer ce sentiment de peur que
j'avais par rapport à ces courses par étapes.
Peur de quoi ?
De ne pas remplir mon contrat : finir.
De m'écoeurer à vouloir trop en faire.
De prendre tous mes congés pour un plaisir personnel.
En fait ce fut Marielle, mon épouse, qui me conseilla de me lancer dans l'aventure.
La course : 18 étapes de la Manche à la Méditerranée.
Une traversée de la France sur 18 jours avec une moyenne de 65Km/jour. Tous les soirs, le couchage se fait dans des
gymnases ou des salles des fêtes.Une étape sur deux, le repas du soir est pris en commun (traiteur ou restaurant),
pour les autres c'était au bon vouloir de chacun : possibilité de piocher dans le camion « BOLINO »,
de se faire soi-même la popote après avoir fait les courses ou de se trouver une pizzeria dans le coin.
Tous les petits-déjeuners sont pris en commun à partir de 5h. Tous les départ d'étapes sont fixés
à 6h30 sauf deux pour cause de kilométrage.
Sinon, les journées se passent ainsi :
- 5h : que la lumière soit. Petit-déjeuner. Préparation. Pliage du camp, on remballe tout.
- h30 : départ pour 5 à 12h de route (celons rythme et kilométrage).
- ????? heure : douche, lessive, repas, sieste (ordre : au choix).
- 19h30 : repas du soir.
- 21h environ : extinction des feux.
Deux jours avant le jour J nous nous retrouvons tous à Roscoff, ville de départ. Son vaste gymnase accueille petit
à petit tous les participants à la Transe Gaule avec quelques accompagnateurs.
Le peloton se compose pour la moitié de coureurs étrangers.
Quand on dit que les coureurs d'ultra forment une famille, cela se vérifie à nouveau en ces lieus. Aux quatres coins du monde,
sur n'importe quelle course d'ultra, on rencontre quasiment toujours les mêmes personnes, amies quelle que soit leur nationalité.
Le départ est donné au pied du phare de Roscoff.
Les étapes passent avec leur lot de victoires sur soi-même, de désillusions, de blessures, de bonheur, de rencontres...
Payez-vous la France ! Tel était le slogan de JB.
Ce fut fait... et que la France est belle.
L'arrivée à Gruissan fut remplie d'émotion tant les moments vécus par tous les acteurs de cette aventure furent intenses.
Après avoir franchi l'arche d'arrivée, je remerciais JB pour m'avoir permis de vivre une telle course.
J'ai appris énormément durant cette épreuve, appris sur les autres, sur moi mais aussi sur mon fils qui a tenu
à m'accompagner à vélo sur une douzaine d'étapes.
La Transe Gaule fut ma première course par étape et je pense que la liste ne s'arrêtera pas là.
La Transeurope 2009
14/01/2009 - J'AI FAIT UN RÊVE...CAP NORD
Qui n'a jamais rêvé en lisant les récits d'explorateurs, d'aventuriers ?
Nous sommes tous prisonniers de nos existences et nous seuls connaissons les moyens de nous en évader.
A un moment de ma courte existence, il me fallut me poser LA question...Vais-je rester spectateur de La vie ou bien acteur de Ma vie ?
Pas besoin de casting, car j'allais en écrire les grandes lignes.
Novembre 2006, j'apprends le projet d'une nouvelle TREF pour 2009. Après une première édition (Lisbonne-Moscou) en 2003, l'organisateur allemand Ingo Schulze reprend la direction d'une autre Transeurope, cette fois-ci traversée sud-nord, Bari (Italie) - Cap Nord (Norvège).
Premier contact avec Ingo, envoi d'un dossier, attente de la sélection puis début d'une longue préparation physique, mentale et logistique.
Départ prévu le 19 avril 2009 d'Italie. Arrivée le 21 juin 2009 au Cap Nord.

12/03/2009 - LA TRANSEUROPE
Course à pied s'étalant sur environ 4500 kilomètres entre la ville de Bari, à l'extrême sud de la botte italienne et Cap Nord, en Norvège, le point le plus septentrional de l'Europe.
Une traversée sud/nord en 64 étapes sans un seul jour de repos.
La moyenne sera de 70 km/jour, les étapes allant de 44 à 94 kilomètres.
Chaque étape devant être bouclée dans un temps limite sous peine d'élimination.
Seulement soixante-huit coureurs des quatre coins du monde ont été sélectionnés pour participer à cette aventure.
Peu d'élus pour un défi hors norme.
...QUELQUES CHIFFRES
- 64 étapes : 64 jours de course
- Distance : 4500 km
- 6 pays traversés
- 17 jours de course en Italie
- 14 jours en Allemagne
- 25 jours en Suède
- 1 jour en Finlande
- 5 jours en Norvège
- 68 coureurs sélectionnés
- 12 nationalités représentées
- 56 hommes et 12 femmes
- De 6 à 14 heures/jour sur la route
- Soit : 112 marathons en 64 jours.
- Environ 15.000 € de budget. Celui-ci n'est pas le budget de départ, loin de là, mais vu la conjoncture actuelle...
UNE COURSE D'EXCEPTION
Le rendez-vous est pris : mi-avril, soit deux jours avant le départ, tous les coureurs sont attendus pour l'enregistrement et la remise des dossards, ensuite un briefing mettra tout le monde sur les rails.
Imaginez-vous courir plus d'un marathon et demi (voire deux) par jour et celà durant 64 jours.
Tous les jours, même rituel : cinq heures debout pour un départ entre six et sept heures. Arrivé de l'étape, soit après six à quatorze heures passées sur le bitume, le coureur n'a pas fini sa journée puisque après la douche, le repas et la lessive, il faut aussitôt penser à l'étape du lendemain.
Chaque soir, la caravane est hébergée dans un gymnase ou une salle des fêtes. Il est même possible que nous soyons contraints de monter la tente.
Du sud de l'Italie au cercle polaire, les conditions climatiques changent.
Pour atteindre l'arrivée tant convoitée, il faudra être prêt, tant sur le plan physique que mental.
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COURIR POUR LA RECHERCHE.
La nouvelle est tombée voilà quinze jours, une équipe de plusieurs chercheurs allemands équipés d'un laboratoire roulant vont nous suivre durant toute la course afin de pouvoir réaliser sur des volontaires, une batterie de tests médicaux ayant pour objectif d'étudier la résistance humaine à des efforts de très longue durée.
Personnellement je pense que l'on peut apprendre énormément en participant à ce genre d'expérience c'est pour cela que ce plongeon vers l'inconnu me fascine.
FAISONS UN BOUT DE CHEMIN ENSEMBLE...
...et pourquoi pas jusqu'à l'arrivée.
A travers cette épreuve et ce sport, je pense pouvoir véhiculer d'un bout à l'autre du continent européen, de vraies valeurs comme la volonté, le dépassement de soi, la persévérence et l'esprit d'équipe.
Que dire d'autre si ce n'est que ce sont ces mêmes valeurs qui vous font aller de l'avant au sein de votre entreprise, qui vous fédèrent autour d'un même projet et qui vous font atteindre vos objectifs.
DERNIERS PREPARATIFS: 
Depuis hier après-midi, je suis officiellement en congés, donc cela signifie que mentalement je suis déjà en Italie. Mercredi 15 avril au soir, mon ami Philippe me conduira à Bordeaux pour que je puisse prendre mon avion le 16 avril vers onze heures à Mérignac.
En effet, mon billet prévoyait un départ de Toulouse (de la maison, quoi) mais la compagnie aérienne (British Airways) se réservant le droit de changer l'aéroport de départ me voilà contraint de me plier au bon vouloir de ces "rois du manche".
Enfin, pour justifier "l'éco-taxe", et bien nous passons par Londres afin de mieux redescendre sur Bari.
Donc jeudi 16 avril à 16h20 j'atterrirai en Italie.
...en attendant, mes bagages attendent d'être bouclés, une dernière séance de sophrologie chez Marie Laurence à St. Pierre de Lages pour remettre en mémoire les grandes lignes de notre longue collaboration, les dernières sorties d'entrainement jusqu'au départ et surtout de bons et longs moment passés avec mes 4/5ème ( Marielle, Julien, Manon et Margot). Sans eux, rien de tout ce que vous avez pu lire sur ce site n'aurait pu voir le jour.
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L'APPROCHE DE LA SEPARATION:
La journée d'aujourd'hui a été consacrée à la préparation des sacs: - un sac de sport dans lequel ont pris place dix paire de "running", dix-sept paires de chaussettes, gamelles, vingt tubes de crème anti-frottements, deux matelas et oreillers gonflables+gonfleur.
-une valise comprenant diverses tenues de "running", des vêtements d'après course, du nécessaire de toilette, lampes torche et frontale, pharmacie ( essentiellement homéopathie)
-une tente avec duvet.
Je n'ai pas encore pesé le tout mais je pense que cela va aisément dépasser le poids autorisé en soute.
Durant ce laborieux travail, je n'ai eu de cesse de penser à mercredi soir, à ce dur moment de la séparation d'avec mes quatre amours ( Marielle, Julien, Manon et Margot ).
Ce sont souvent les mêmes questions que je ressasse: comment cela va-t'il se passer sans moi, vais-je leur manquer, sont-il fiers de moi, me comprennent-ils?
Ils me soutiennent tant et depuis toujours, ils sont un des facteurs de ma réussite. Le fait de savoir qu'ils sont derrière moi me fait puiser au plus profond de mon être la force de continuer mon chemin sans jamais courber l'échine et échafauder toujours et toujours de nouveaux projets.
Ils ne me quitteront jamais tout au long de mon voyage.
AU REVOIR "LES MIENS":
Aujourd'hui, j'ai amené mon fils Julien à sa journée "d'appel". Ensuite je me suis hasardé à peser mes bagages, conclusion: impressionnant, valise+sac = trente sept kilogrammes. A cela il faut ajouter la tente et à la sortie on se retrouve avec le double du poids autorisé en soute. On dira dommage!
J'ai donc passé deux heures à tout déballer, à chasser le superflu, l'inutile et à refaire le plein en espérant avoir laisser sur le bas-côté quelques kilos.
A 18 heures tapantes, après de langoureux "au revoir" avec Marielle et les enfants, je prenais la direction d'Agen accompagné par mon ami Philippe qui me confia aux bons soins d'une collègue qui, elle, m'amena jusqu'à Mérignac où une nuit d'hotel m'attendait afin de pouvoir prendre mon avion pour Bari demain matin (jeudi 16) sans être pressé par le temps.
Je tiens à revenir sur mon départ de la maison car c'est là que je pense avoir fait le plein d'énergie pour le reste du voyage. En un petit quart d'heure, ma femme et mes enfants m'ont boostés plus que toute autre potion magique. Dans ces moments là, des phrases arrivent à vos oreilles et soudain vous faites un arrêt sur image, un panoramique, et puis vous vous dites: "...quand un édifice a la chance d'avoir ce genre de soutien, on se demande toujours comment il pourrait s'écrouler?
Ce sont mes plus fervents supporters et je les en remercie du fond du coeur.
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RESTONS ZEN !
Jeudi 16 avril, Je quitte l'hotel, prend un taxi direction l'aéroport.
J'ai commencé à " baliser" quand au comptoir de British Airways l'hotesse fit la grimace en voyant mon billet électronique:"....ce n'est pas normal que l'on vous ai changé l'aéroport de départ. Il doit y avoir un problème."
Merci de me mettre à l'aise, j'étais assez angoissé avec tout mes bagages. Après plusieurs vérifications, elle m'imprima un nouveau titre de transport. OUF!
Enregistrement des sacs: "un" autorisé, donc 38 euros par bagages supplémentaires (j'en ai trois en tout). Sans compter que le sac de tente est hors gabarit donc un enregistrement spécifique.
Ensuite ça roule (enfin ça vole), d'abord jusqu'à Londres puis Bari. Petite frayeur en Angleterre vu que eux ne procèdent pas au changement d'heure, j'ai cru louper ma correspondance.
16h30, arrivée en Italie.
Moi oui, mais pas mes bagages. J'en ai tellement rêvé que British Airways l'a fait!
A l'heure où j'écris (vendredi 17 avri là 9h) je n'ai aucunes nouvelles.
Bien sûr à l'aéroport j'ai rempli toute la paperasse, essayé de résoudre le problème en Italien, en Anglais et puis par gestes. Maintenant, on respire et on reste positif.
Sinon après ces désagréments j'ai attendu l'arrivée de mes collègues et c'est à quatre que nous avons pris un taxi vers 21h30 pour rejoindre le point de ralliement: stadio della Vitoria.
Là nous avons retrouvé un cinquième larron (Gérard et son épouse Nicole) qui nous a sympathique à une petite pasta party dans son van. Celui-ci m'a également dépanné en me prêtant duvet, couverture et tapis de sol.
Ma clé 3G ne fonctionnant pas, Fabrice me fait profiter de la sienne. A titre de revanche.
OUF!...SOULAGEMENT.
Enfin, j'arrive de l'aéroport (encore) et là avec mes bagages. Gérard et Nicole m'ont proposé de me conduire afin d'accélérer l'opération.Vraiment c'est un soulagement car je me voyais mal refaire des emplettes dans les boutiques de Bari.Ceci est un mauvais souvenir, il faut l'oublier. Je suis assez satisfait de mes cours de sophrologie car c'est dans ces moments là que l'on doit absolument gérer son stress et ses angoisses.Là, on peut dire: mission accomplie.
Hier, pas mal de choses se sont passées sur le site. D'abord une prise de contact avec l'équipe allemande de recherche, ce qui a consisté à passer à la pesée, mesures diverses (masse grasse, taille, tour de cuisse, etc...), prise de sang, électrocardiogramme et IRM et pour finir un gros questionnaire.
Ensuite, tout au long de la journée , retrouvailles avec de nombreuses connaissances et rencontres avec de nouvelles têtes.
Vu que tout se trouvait dans mes bagages, j'ai dû économiser au maximum mes batteries de portable et de PC.Un grand merci à Pascal qui s'est dépatouillé du problème avec la British Airways.
Bien sûr, chose primordiale de la journée: retrait du dossard.
Aujourd'hui, deux briefing, ce matin avec la municipalité de Bari et un second dans quelques minutes un peu plus approfondi me semble-t'il.
DEMAIN, 1ère ETAPE!
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ENFIN DES NOUVELLES APRES CINQ ETAPES:
Bonjour à tous, c'est avec pas mal de retard que je vous tiens informé des nouvelles du front. Il se peut que vous ayez déjà quelques news par le site officiel ou bien par l'actualisation de Jérôme (Mairie de LANTA). Avec mon problème de clé 3G, je n'ai pas pu voir si l'information était passée donc les courriers risquent de se croiser et j'en suis désolé.
Le reste du temps je resterai tributaire de la clé de Fabrice qui sympathiquement me fait profiter de sa "super connexion".
Tout d'abord, merci à tous de prêter un petit peu d'attention à un périple que l'on pourrait qualifier de "hors normes" et tous vos encouragements me servent à toujours regarder devant moi en me projetant vers mon objectif et une petite voix me dit que je suis en train de réaliser un rêve.
Concernant la course: après 316,6 km de course en cinq étapes je me trouve à la sixième place au classement général en 29h24'07''.
Sur cette cinquième étape je termine ex-equau avec Janne le finlandais en 5h08'48'' pour 55,9km et aujourd'hui le temps était ensoleillé. Nous nous sommes régalés à courir en bord de mer.
Jusqu'ici, pas de pépins physiques si ce n'est... que je sais que je viens de courir plus de trois cent kilomètres en cinq jours et que je connais bien l'emplacement de tous mes muscles!
La route reste longue d'ici CAP NORD, il est probable que je mette le frein à main.
Aujourd'hui, 1ère nuit sous la tente, ces deux dernières étapes nous avons évité bivouac car la météo était exécrable la nuit, Ingo nous a donc trouvé des bungalows.
J'espère pouvoir me connecter le plus souvent possible afin de vous donner personnellement de mes nouvelles.
DEMAIN ETAPE COURTE: 49,8 km........à très bientôt.
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Connexion après douze étapes:
Bonjour à tous, content de pouvoir enfin vous donner de mes nouvelles. (grâce à Fabrice).
Aujourd'hui, nous faisons étape à Ostiglia et c'est avec le soleil que nous franchîmes tous la ligne d'arrivée.
En effet, cinquante kilomètres tout rond pour ce tronçon. Après un départ sous la pluie le temps s'est dégagé petit à petit pour enfin nous laisser entrevoir le soleil qui ne nous a pas gâté depuis le début de notre cheminement. Nous avons quitté le bord de mer hier matin (étape 11) pour attaquer la plaine du Pô. Étape particulièrement redoutée puisqu'elle affichée 84 km.
Pour l'instant cinq abandons sont à déplorer, pour la majeure partie dus à des "releveurs" très douloureux.
Cela peut vous paraître bizarre mais à l'heure actuelle je ne connais pas le classement. Il est vrai que ce n'est pas une priorité pour moi car le but est avant tout de passer la ligne d'arrivée jour après jour afin d'atteindre le but tant espéré.
Voilà trois jours que de vieux démons se sont réveillés, en effet mes "releveurs" me font souffrir ce qui a eu pour conséquence de me faire sérieusement lever le pied. Jusqu'à présent je réussi à toujours courir mais la marche peut s'avérer nécessaire dans les jours à venir.
Cela fait deux étapes que je termine avec mon pote Fabrice, après s'être rejoint nous faisons les dix, voire les quinze derniers kilomètres ensemble. C'est bon pour le moral.
Après info, nous terminons 23ème de cette douzième étapes avec Fabrice, ce qui me fait une neuvième place au classement général.
Je pensais avoir plus de temps pour vous parler de tout ce qui se passe ici mais je me rend compte que la priorité reste la récupération, alors...
Je voudrais juste vous quitter en vous laissant réfléchir à une question sachant que moi j'ai déjà ma petite idée là dessus: Le plus courageux pour vous, est-ce de continuer ce que l'on a entrepris quitte à se faire mal sans ne plus éprouver aucun plaisir ou bien se rendre à la raison en se disant que ce que l'on cherche n'est peut-être pas là et qu'il ne faut pas nier l'évidence...
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La 3G fonctionne et la 16ème étape s'achève: 
Merci Marielle, c'est bien grâce à toi si je peux enfin me connecter .
Depuis les dernières nouvelles, quatre étapes se sont déroulées. Si tout va bien je vais pouvoir vous donner de mes nouvelles plus régulièrement. Sur mon dernier message je vous demandais de réfléchir à une question,
il est vrai si l'on remonte un peu en arrière, mon moral n'était pas au beau fixe, mes releveurs me faisant énormément souffrir. J'ai eu l'occasion de discuter avec Jean Hervé, juste après son abandon et il estimait ne pas être à plaindre car ce n'était pas pour des pépins physiques qu'il avait jeté les armes mais bien parce qu'il ne prenait plus de plaisir. Sur ce, j'ai pris mon mal en patience car tout le monde ne s'engage pas dans ce genre d'épreuve pour les mêmes raisons alors l'envie étant plus forte que la douleur.....
Je dois dire que le soutien dont je bénéficie de la part de Marielle et de mes trois enfants, me pousse à aller de l'avant. Je dis souvent à mes enfants: au lieu de se plaindre, il faut penser à ceux qui ont beaucoup plus de raisons que nous de courber l'échine.....la vie est belle.
Aujourd'hui c'est au tour de Christophe de quitter la course. Il reste avec nous et espère pouvoir reprendre quelques étapes quand son état physique le lui permettra.
Hier nous avons franchi la barre des mille kilomètres, pour le coup nous nous avons fêté ça au dernier poste de ravitaillement avec un cru du coin. Par la même occasion les montagnes nous accueillent avec le beau temps. Demain nous passons en Autriche avec un passage à 1500 m d'altitude.
Je vous tiendrai au courant dans la soirée du classement de la journée.
...16ème étape: 64,8 km bouclés en 7h pile qui m'octroie une quatorzième place.
Au classement général je conserve ma 10ème place avec 107h43'27''.
A l'heure qu'il est (18h) tout le monde est parti manger, seuls les végétariens mangent à part à la caravane de Thomas qui fait aussi office de ravitaillement tous les jours au quarantième kilomètre.
Nous nous estimons privilégiés (cinq ou six suivant les jours) à manger beaucoup plus varié que nos collègues.
La caravane de Thomas est une petite épicerie ambulante où l'on trouve pas mal de choses pour se restaurer.
Le repas terminé, je ne traine pas. Je vais directement me coucher et c'est en général à ce moment là que les miens me manquent le plus. Des soirs c'est tellement fort que j'aimerai pouvoir me téléporter chez moi auprès de Marielle et des enfants.
Si j'ai voulu ce site, ce n'est pas pour vous donner impérativement des résultats jour après jour mais plutôt pour vous faire part du ressenti de mes journées, de l'ambiance..
Voilà, demain ça repart pour 63,8km avec beaucoup de dénivelé.
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Étapes 16 et 17: montagne sanction! 
Bonjour, hier nous avons entamés le gros du dénivelé et aujourd'hui franchis le point le plus élevé de toute cette Transeurope soit 1578m (Pillerhöhe).
Hier, la journée a été marquée par le passage de la frontière Autrichienne aux alentours du quarante cinquième kilomètre.Le début d'étape fut assez frileux et pendant toute l'ascension nous nous sommes battus face au vent. nous avons même pu dans un sous-bois voir des restes de neige. Côté Autrichien le vent n'avait pas passé la frontière et toute la descente mit à rude épreuves mes releveurs. Je vous parlerais bien de ceux des autres mais pour l'instant ce sont les miens qui me préoccupent. Une arrivée dans un cadre enchanteur où le petit village de Pfunds nous servait d'escale. Au terme de cette étape je termine 18ème avec de plus en plus de douleurs sur mes releveurs ce qui ne laisse rien augurer de bon pour la suite.
Aujourd'hui cela se confirme: le départ puis l'ascension se passent bien en revanche la descente sur l'arrivée fut un véritable calvaire. J'ai dû me résigner à marcher les vingt cinq derniers kilomètres...et là je peux vous dire que vous avez le temps de vous faire des plans dans la tête, et pas toujours positifs!
Comment envisager la suite? Comment gérer cette douleur qui vous tirailler même lors de la marche?
Et bien, je suis toujours en course! Demain sera un autre jour et j'ai eu du nez car j'ai pris rendez-vous pour un massage ce soir. Une 44ème place pour aujourd'hui et je pense être passé à la 12ème place au classement général.
Croisez les doigts pour demain car encore de la montagne au programme. BYE! BYE!
PASSAGE EN ALLEMAGNE: ETAPE 19:
Coucou...sans nous en apercevoir, aujourd'hui nous avons passé la frontière Austro-Allemande.
La nuit et bien je l'ai passée à me demander comment allée se passer cette 19ème étape. Vue mon arrivée tardive d'hier soir ma place juste à côté de la porte d'entrée me permis de compter (en plus) tous les "aller et venu"de mes collègues de course. Autant vous dire que la nuit n'a pas été des plus réparatrice.
Une question me turlupine quand même:"si je devais arrêter l'aventure ici, je décevrais les miens, et que penseraient-ils de cet échec ?"
Mais pas de soucis pour l'instant puisqu'on peut dire que ça va mieux.
La matinée à commencée par la montée d'un col à 1250m, mais c'était surtout la descente que je craignais et on peut dire que je l'ai bien géré. En fait j'ai pris le départ ce matin d'abord avec la ferme intention de finir l'étape puis voyant que le physique suivait je me suis dit que ce serait bien de faire mieux que ma quarante quatrième place d'hier et de fil en aiguille comme mes releveurs me laissaient tranquille j'ai desserré le frein à main et JE ME SUIS FAIT PLAISIR.
Résultat:14ème en 7h54'58'' et toujours 12ème au général.
La montagne est pour ainsi dire finie. Je regretterais le cadre enchanteur du Tyrol avec ses pâturages jaunes de pissenlits et ses multiples cours d'eau, le tout dominé par des sommets encore enneigés à cette époque.
Une petite pensée pour Michel et Simon qui m'avaient bien plantés le décor.
L'arrivée de l'étape se fit entourée d'enfants du village, danse et costumes folkloriques.
Sympathique: je termine avec mon ami Werner et Cor un autre coureur allemand.
Quelques mots sur notre suivi médical: tous les jours avant et après l'étape: analyse d'urine. Tous les quatre à cinq jours: IRM ainsi que mesures (poids, masse graisseuse, température, densité d'eau dans le corps, etc...).
Tous les mille kilomètres: prise de sang.
Les mèdecins sont vraiment aux petits soins avec nous en essayant de nous imposer aucunes contraintes.
Demain, étape de 64,9 km. A+.
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ETAPE 20: AVANT TROIS GROSSES JOURNEES:
Hello, aujourd'hui mise en jambes avant trois grosses étapes. les trois jours qui vont suivre affichent plus de quatre vingt kilomètres chacun. Autant dire qu'il va falloir utiliser la vitesse de croisière.
Toujours un bon accueil à l'arrivée avec buffet et un peu de monde, ça c'est sympa!
En ce moment un orchestre folklorique nous anime le gymnase.
Résultat: 16 ème de l'étape en 6h53' et toujours 12ème au général.
Un début de tendinite du tendon d'achille est venue assombrir cette belle journée: à gérer.
Demain on attaque donc du gros...BYE!
ETAPES 21,22 et 23: PLUS DE 240KM EN TROIS JOURS:
Voilà, on peut dire que l'on en est débarrassé. Il faudra attendre la Suède pour retrouver de tels kilométrages.
Là, Ingo a fait fort, trois étapes de suite à plus de quatre vingt kilomètres. Mentalement leur passage est très important car jusqu'au prochain pays (Suède) on ne s'alignera pas sur si long. Ce qui veut dire que l'on sera déjà dans la deuxième moitié de la course. Cela peut paraître dérisoire mais cinq kilomètres de moins sur une étape ça fait du bien au moral. L'étape 21 s'est très bien passée car la veille je m'étais fais strapper le tendon d'achille douloureux et on peut dire que ce fut une réussite. Hier, étape 22, les dix derniers kilomètres, mon releveur gauche me rappela qu'il était là .J'avais promis à Théo que je l'attendrais pour finir et à sa grande surprise il me trouva assis sur le trottoir à un kilomètre de l'arrivée: chose promise, chose due ! Une arrivée dans ces conditions vaut bien toutes les souffrances d'une étape. Aujourd'hui donc, je pris le départ avec de mauvaises sensations (releveur oblige) mais après quarante kilomètres je repris le dessus pour terminer au dessus de mes espérances.
Résultats: toujours 12ème au général et sur ces trois grosses étapes je reste dans le top 16.( je pense......).
Quand vous passez huit heures voire neuf heures sur la route (jusqu'à quatorze pour certains) je peux vous dire que vous avez le temps de ressasser un tas de choses. Cela commence par du négatif pendant deux bonnes heures et une fois que la machine est lancée on remonte la pente mentalement et là je peux vous dire que le physique ne demande que ça puisqu'il suit à chaque fois et donne tout ce qu'il peut. Même quand il m'a fallu marcher le moral fini par positiver, et ça, et bien je dis merci Marie Laurence, la sophrologie m'a ouvert de nouvelles portes et m'a donné de nouveau outils pour progresser. Bien sûr ce n'est pas toujours évident mais on se set beaucoup moins seul et beaucoup moins désemparé devant certaines situations. LA VIE EST BELLE.
Personne ne m'a obligé à endurer ce par où je passe, contrairement à beaucoup de gens qui souffre au quotidien de par la maladie ou les guerres...alors un peu d'humilité messieurs les sportifs.
Bonsoir et à très bientôt.
ETAPE 24: UN PETIT AIR DE MONTAGNES RUSSES:
Ce matin, les traits étaient un peu tirés par trois grosses journées. L'étape du jour ne faisant que soixante cinq kilomètres, le peleton pris le départ avec la ferme intention de récupérer mais la compétition repris vite le dessus pour certain et je serais curieux de savoir les moyennes réalisées ce jour.
D'un bout à l'autre de ce tronçon, la route n'a pas arrêtée de nous dévoiler un relief des plus accidenté. moi qui croyais avoir quitter la montagne... avec des montées et des descentes avoisinant les 15%, je craignais pour mes releveurs mais en alternant marche/course quand le cas se présentait, cela se passa pour le mieux. A la limite, ça me rappelait presque les côteaux du lauragais.
A l'arrivée, grosse surprise à la vue de cette salle minuscule salle qui nous accueille. Nous faisons étape dans ce qui semblerait être une école maternelle. Pour agrémenter le tout, la pluie se met à tomber.
Résultat de la journée: une sympathyque 15ème place et sans changement pour le général: 12ème.
TCHAO!!!
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ETAPES 25 ET 26: A LA DECOUVERTE DE L'ALLEMAGNE:
Tout d'abord, pour les fans de chiffres: hier superbe étape de 71,5km toujours avec le même profil assez vallonné puisque les panneaux annoncés du 15% puis du 17% de pente, autant dire de sacrés" coup de cul"!
A l'arrivée, une 12ème place qui signifie que le rythme fut un peu plus rapide que les dernières étapes. Il faut avoué qu'il y a eu quelques petits changements concernant le classement (volontaires ou involontaires) puisque pour la première fois des leaders sont passés dans le groupe de six heure. Est ce des séquelles laissées par les trois journées à fort kilométrage ou juste de la récupération?
Aujourd'hui, 64,5km, toujours un peu vallonnés. le soleil a bien voulu se montrer en fin d'étape. A deux kilomètres de l'arrivée, je me retourne et j'aperçois mon ami Werner avec qui nous avons "navigués à vue"depuis une trentaine de kilomètres. Je me suis donc arrêté et je l'ai attendu. Quoi de plus normal ! Je ne vais pas planter un gars avec qui j'ai fais une trentaine de kilomètres juste pour une place ou pour quelques minutes. Je pense qu'il a apprécié le geste:"AH! Stéphane, you are my best french friend!"(no comment).
Une arrivée donc avec Werner pour une 15 ème place. Pas de changement au classement général: 12ème.
Depuis que nous sommes passés en Allemagne, j'avoue être agréablement surpris par le pays. Il est vrai que je partais avec pas mal de préjugés... et j'ai bien étais eu par cette belle campagne boisée avec pas mal de prairies qui nous manquent temps du côté de chez nous. Alors bien sûr vous allez me dire que l'itinéraire à était choisi en fonction du cadre mais là je vous arrête car si vous saviez le tracé que nous avons eu en Italie sur la côte Adriatique. Notamment sur l'étape de 85km, le soir quand le dernier coureur fut rentré, Ingo a dû pousser un ouf de soulagement: imaginez-vous courir sur le periph' à l'heure de pointe!(...mais vrai.).
Concernant l'Allemagne, un des gros avantages c'est leur réseau routier est très souvent doublé de pistes cyclables.(...alors ça fait des envieux?). Énormément de bois, de forets, nous traversons de nombreux petits villages très calmes (trop calmes à mon goût) et, et pour l'instant nous nous arrangeons pour contourner les grosses agglomération. Souvent nous suivons de petits cours d'eau en sous-bois pour aboutir à de petits ponts nous ouvrant les portes d'un autre village. Vraiment séduit.
Dans sept jours nous serons déjà au bord de la Mer du Nord.Bye,Bye!
PS: demain c'est l'anniversaire de ma fille Manon, 16 ans.
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ETAPE 27: POUR MANON, 16 ANS AUJOURD'HUI:
Parce que je ne serais pas là pour lui fêter son 16ème anniversaire, je lui dédis cette étape. Sans oublier mes deux autres ptits loups et leur maman. Je les aime fort et c'est pour cela qu'ils me manquent tant.
L'étape du jour de 68km s'est déroulée dans un cadre aussi boisé que ces derniers jours et tout aussi vallonné. Une quatorzième place vient clôturer cette journée qui ne vit pas le moindre rayon de soleil et sur le reste du peloton la pluie a commencée son apparition. Toujours douzième au général.
Je voulais vous rassurer en vous disant que je reçois bien tous vos messages sur le site officiel de la course. Tous les soirs dans la salle nous avons à disposition un ordinateur réservé aux mail perso. Chacun notre tour, de 15h à 21h, nous pouvons consulter le courrier. Merci pour tous vos encouragements et surtout n'arrêtez pas d'en envoyer car ils font aussi parti du carburant qui me fait avancer comme vos sms sur mon portable ou vos mail sur ma messagerie perso (là c'est moins pratique car il faut que je me connecte et c'est pas l'ADSL).
C'est un peu comme si vous me portiez à bout de bras jusqu'au Cap Nord. Et il va falloir les tendre les bras car la route est encore longue.
Depuis quelques jours il y a une nette amélioration au niveau des releveurs et du tendon d'achille. Par expérience j'ai remarqué que lorsqu'on se blesse d'un côté, par compensation, quelques temps après, l'autre côté en pâti. Maintenant, les blessures sont passées à l'étage supérieur puisque voilà quatre jours que mes genoux coincent. Comme on dit dans le Lauragais:"avec une pompe à graisse ça irait bien mieux".
Ce soir l'ambiance s'assombrit dans le groupe car nous venons d'apprendre qu'une concurrente Japonaise aurait provoqué un accident. En effet, se trouvant au milieu de la route, des vehicules voulant l'éviter seraient entrés en collision et on aurait dû évacuer une occupante par hélicoptère. (attente de précisions).
Demain étape de 76,7km. A bientôt.
ETAPES 28 ET 29: CHANGEMENT DE DECOR.
Encore un peu de dénivelé hier mais aujourd'hui le plat a dominé et nous avons même terminé par une vingtaine de kilomètres le long du canal de L'Elbe.
Après l'étape d'hier je n'avais aucune envie de me connecter, le moral étant au fond des chaussettes après avoir galère vingt kilomètres pour franchir la ligne d'arrivée. En cause une fois de plus les releveurs et je me demande vraiment comment je pourrais en venir à bout. Une quinzième place toute fois partagée avec Andréas et Mathias, deux militaires Suédois du pelletons.
Autant vous dire que j'apprehendais le départ de ce matin et pour consolider mes craintes je mis près de trente cinq kilomètres à bien démarrer, heureusement que l'étape en faisait soixante dix!...cela m'a permis de remonter et de finir à la dix septième place. Toujours douzième au général.
Ce matin nous sommes partis avec le soleil levant mais ça n'a pas duré longtemps ...dommage!
Nous avons traversé des zones industrielles et les grandes surfaces boisées ont cédé la place aux cultures céréalières.
Nouvelle intervention de la police au sein du peloton car il se trouve que certain irresponsables se sont amusés à passer sous les barrières d'un passage à niveau. Le cas s'était déjà produit en Italie mais là pris sur le fait, l'information est remontée jusqu'au directeur de course qui dorénavant prendra des sanctions allant jusqu'à la mise hors course du coureur . Donc respect du code de la route.(...et dire que nous sommes tous des adultes responsables...).
Pour en revenir à l'étape du jour, la fin m'a vaguement rappelé "L'Intégrale de Riquet" mis à part que le canal en question est un peu plus large ici et que je n'ai pas eu à le traverser à la nage.
Demain je pense qu'une grande partie d l'étape se déroule le long de l'Elbe, cela va changer un peu de décor. personnellement j'apprécie le fait de ne pas avoir à se soucier des véhicules, de pouvoir de temps en temps regarder passer des péniches qui achalandé divers produits et tant pis pour les chaussures qu'il faut vider des petits cailloux récoltés en chemin.
Maintenant il va être l'heure de joindre les miens et c'est un moment privilégié, il faut avouer que souvent c'est auprès d'eux que je vais puiser l'énergie de continuer.Quel réconfort de se savoir aimé et soutenu de la sorte. Quand je les ai au téléphone, Marielle, Julien, Manon et Margot, J'ai l'impression qu'ils ne font qu'un derrière moi, qu'ils parlent à l'unisson, sans fioritures, juste avec leur coeur et ça, c'est ma force.
Auf wiedersehen!
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ETAPES 30, 31 et 32: L'APPEL DU NORD:
Tout d'abord je suis désolé de cette coupure momentané de vos programmes en direct de la Transeurope .
Ne me demandez surtout pas ce qui s'est passé car là ce serait plutôt une colle, en tout cas impossible de se connecter sur mon site et par la même occasion, impossible pour moi d'y faire passer des informations. Je me suis décidé à force à contacter la Mairie de Lanta et je pense aux vues du résultat que Marc et Jérôme (l'homme compétent en la matière) ont su et pu se dépatouiller du truc: merci à eux.
Aux dernières nouvelles je vous parlais de cette fameuse étape qui allait se dérouler le long du canal de L'Elbe
et bien ça a été du billard sur plus de soixante quinze kilomètres. Une quatorzième place d'étape sur laquelle nous finissons groupés avec Achim et René, ce dernier étant un des hommes de tête que nous avons trouvés en perdition et sans se dire un mot, nous avons décidé de ne pas le laisser seul et nous l'avons accompagné sur les six derniers kilomètres. Une fois de plus, à l'arrivée sa reconnaissance aura value toutes les récompenses.
Hier, étape 31, était la dernière étape aux normes avant le bateau, soixante neuf kilomètres cinq cent.
Au départ matinal je faisais un peu la moue car le canal allait me manquait. En effet, tous ces kilomètres sans avoir à se soucier des véhicules, au calme, au vert. Quand nous passions sous un pont et qu'au dessus passé le trafic routier, au fond de moi je me disais:"...je suis bien là. Est ce que l'Elbe monte jusqu'au Cap Nord?".
Enfin ce matin là il me pris de partir aux avant- postes, pourquoi? Une petite voix qui m'a dit :"vas-y, c'est ta place!", alors j'y suis allé. Je suis donc parti avec le groupe de tête que j'ai remonté au fil des kilomètres pour venir me placer en tête avec Hiroko qui elle est une habituée de ce genre de place. D'un ravitaillement à l'autre, nous menions à tour de rôle pour enfin passer la ligne d'arrivée en onzième place, ensemble.
Un super accueil à Trittau dans une école accompagnés les cent derniers mètres par des élèves et en musique.
Une collation copieuse qui fut la bien venue ainsi que des masseuses bénévoles qui firent plus d'un heureux.
Le strapping derrière le genoux droit me soulage énormément mais j'ai quelques rappels à l'ordre:"...la route est encore longue, freine les chevaux, ne va pas tout gâcher pour quelques places car la victoire est bien là haut, au CAP NORD."
Aujourd'hui, étape 32, quarante quatre kilomètres, plutôt COOL. Même tactique qu'hier mais le démarrage a était bien plus laborieux. ma douleur derrière le genoux m'a fait regretter mon étape d'hier. Au bout d'une heure et demi je n'y pensais plus et j'ai commencé ma remontée. au fond de moi (c'est bête mais...) je voulais voir si après plus de deux mille kilomètres, j'arrivais à tomber un peu plus d'un marathon à un peu plus de dix kilo/l'heure. C'est OUI. Et pour finir je me retourne cinq cent mètres avant la ligne et j'aperçois Hiroko, j'ai marqué un arrêt le temps qu'elle me rejoigne et nous avons passé la ligne d'arrivée de cette trente deuxième étape, ensemble, encore. Dixième place aujourd'hui .Toujours douzième au général.
Cette étape marque la moitié de notre périple. C'est comme si demain nous entamions le retour.
De temps en temps j'aimerais pouvoir prendre de la hauteur sur les étapes afin de pouvoir admirer le circuit.
Demain, étape "récup" de cinquante cinq kilomètres qui nous mènera au port de KIEL afin que nous puissions prendre le ferry de nuit jusqu'en Suède. Il n'y aura donc pas de connections demain puisque nos bagages ne quittent pas le camion. Des sacs de sport nous on était distribués à cet effet. A l'intérieur, le stricte nécessaire à la toilette, un change et hop c'est bouclé. Notre numéro de dossard dessus et nous retrouverons le tout dans notre cabine. Espérons que la mer sera bonne cette fameuse nuit car à la descente c'est une étape qui nous attend sans perdre de temps.
A+...de l'autre côté!
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ETAPES 33 ET 34: SUEDE, NOUS VOILA!
Hier, dernière étape en Allemagne. Elle nous a menée au port de Kiel où nous avons embarqué à bord d'un ferry direction Göteborg en Suède. L'étape était de cinquante cinq kilomètres et dans un cadre assez champêtre nous mena jusqu'à Kiel où l'arrivée était jugée au pied des paquebots de croisière sur le port. Le départ fut pris avec décontraction car nous touchions presque la mi-parcours et la première étape en Suède ne serait que de quarante neuf kilomètres. C'est sous le soleil que nous prîmes le départ pour arriver sous un ciel plutôt chargé et orageux. Le tracé relativement tranquille au point de vue trafic emprunta même des charretières au milieu de champs de colza. Beaucoup de monde sur le port pour le finish. Petit extra pour cette mi-parcours, avec trois autres collègues nous avons fini au Mc Donalds à nous "empiffrer" jusqu'à plus faim. C'est avec des petits riens que l'on mène à terme de grandes choses. Après cela nous avons pu embarquer. Par cabines de quatre, premier lit depuis un mois, douche chaude, buffet plus que copieux: Le vrai luxe!
Arrivée en treizième position sur le port et toujours douzième au général.
Ce matin le départ fut pris à la descente du ferry. La traversée se fit en treize heures et de nuit comme ça: pas un jour de repos, on est pas sur le tour de France (rires!!!!). La mer nous a épargné et s'est faite d'huile.
Pour notre arrivée, la Suède nous avait réservé ses plus beaux giboulées et ce durant toute l'étape. Le poncho était de rigueur. Dix kilomètres pour sortir de Göteborg et ensuite un vrai régal. Malgré des conditions climatiques exécrables, La campagne nous réserve de magnifiques surprises. Très boisée, très verte, des maisons de toutes les couleurs, de l'eau un peu partout et sous toutes les formes: cours d'eau, étangs, lacs.
Je trouvais l'Allemagne bien dotée en pistes cyclables, mais ici on bat des records. C'est simple, sortis de la ville nous n'avons couru que sur pistes cyclables ou chemins de rando. Des coins magnifiques, j'ai dû m'arrëter une dizaine de fois pour faire des photos. Arrivée toujours en treizième position et toujours douzième au général. Vous aurez peut-être remarqué que mes poursuivants au classement général se rapprochent à grands pas. N'ayez crainte, c'est la course. Je suis toujours là et le serait jusqu'au Cap Nord. J'occupe et j'occuperait la place que je vaut. L'essentiel est bien d'occuper une place, non?????
Demain, du lourd en perspective: quatre vingt deux kilomètres. Avec le MORAL.
BYE! BYE!
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ETAPE 35: VOUS AVEZ DIT DU LOURD?
Bonjour à tous, aujourd'hui nous avons eu droit à quatre vingt deux kilomètres sur des axes à faible fréquentation, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Le conducteur Suédois à l'air de plutôt bien respecter les coureurs en bord de route. Pour l'instant, sur tous pays traversés on peut dire qu'ils obtiennent la palme d'or.
Tout au long du parcours nous sommes agréablement surpris par les encouragements de nombreuses personnes dans les rues, depuis leur jardin ou leur véhicule.
Ce matin au départ, le ciel était couvert et l'air frais nous laissait entrevoir la possibilité de ne pas nous dévêtir de toute l'étape mais des éclaircies de plus en plus nombreuses réchauffèrent l'atmosphère.
Le paysage a quelque peu changé puisque des champs de céréales ont fait leur apparition. Les parcelles boisées restent omniprésentes. Quelques éoliennes battent des ailes et les maisons le plus souvent en bois sont toujours très colorées.
Je l'avais dit hier et c'est donc avec le moral que je pris le départ de l'étape.
Il faut que je vous avoue quelque chose: il y a une semaine à la pesée, j'affichais 56kg, donc une perte de 7kg. Les médecins m'ont fait comprendre que tant que je ne mangerais pas de viande, le manque deprotéines serait néfaste à la réussite de mon challenge. Si je continuais à ce rythme je ne finirais pas la course.
Le choix fut rapide et j'ai commencé par regagner 1kg mais surtout certaines douleurs musculaires ont disparues. Pour moi c'est presque du miracle mais pour les médecins tout s'explique.
C'est donc l'esprit un peu plus serein que je passais la ligne d'arrivée en douzième position.
Demain, quatre vingt six kilomètres. Vous en voulez du lourd?
Des fois quand je regarde les kilométrages journaliers je me demande comment c'est possible d'aligner autant de kilomètres avec si peu de récupération.
Ce soir j'ai eu les miens au téléphone et j'ai pu faire le plein d'énergie en les écoutant: je les AIME!
ETAPE 36: L'ESPRIT "ULTRA".
8h48' pour 86 kms et une quatorzième place d'étape. Pas mal après 2450 kms !
Je vous épargne le résumé car elle ressemblait beaucoup à celle d'hier même côté météo. Tout à l'heure à la douche, c'est en discutant que j'ai appris qu'après demain 85 kms étaient au menu. En général, je connais l'étape du lendemain juste la veille quand Ingo distribue les road book. Là ce n'est donc plus une surprise. Heureusement que demain nous avons 68 kms pour récupérer.(Ah!Ah!).
Pour en revenir au titre de l'article: au dernier poste de ravitaillement (à 3 kms de l'arrivée) je m'assoie et comme tous les jours, un peu pour fêter la fin d'étape, je déguste un verre de bière (2 à3 minutes). Aujourd'hui, je savais très bien que derrière moi, à 300/400 mètres se trouvait un coureur sur le retour. Je me suis dit au fond de moi:"... attends le, ça vous permettra de finir l'étape ensemble, c'est plus sympa!".
Le dit coureur, arrivant à 50m du poste, hurla sa commande, jeta sa bouteille vide aux pieds de la table et pris la pleine que lui tendait généreusement Uli (c'est un pasteur qui tient toujours le dernier poste de ravitaillement), il ne s'arrêta même pas, pas un mot gentil, pas même un regard. Nous nous sommes regardés avec Uli, sans un mot, juste du regard nous nous sommes compris. Je lui fis part de mes intentions et lui dis que je trouvais ce comportement odieux. Je peux vous dire que l'étape, je l'ai fini tout seul car je l'ai laissé passer. Et ça se dit coureur d'ultra...Si c'est ça un ultrarunner, alors je suis autre chose. Je me refuse à faire parti de ces gens au comportement stupide. Par la suite j'ai appris qu'il avait disputé le sprint pour passer devant un autre coureur...que c'est petit!
Je tenais à vous faire part de ce événement car sur le moment j'ai été assez affecté. Avec du recul, on peut dire que la plus grosse erreur qu'est fait ce coureur ...c'est de s'inscrire.
A bientôt.
ETAPE 37: LA NATIONALE 26, LA ROUTE DES CAMIONS.
Aujourd'hui, comme le laissait entrevoir le road book, nous avons emprunté la nationale 26 pour la totalité de l'étape. C'est soi-disant l'itinéraire des camions et je vous le confirme...ça l'est!
Donc 68 kms dans un trafic moyen avec des conducteurs très respectueux des coureurs.
Arrivée en 14ème position avec Achim dans un temps de 7h18'.
Après la douche et la lessive, direction l'IRM. Aujourd'hui pour le foie. Tout va bien!
Petit soucis de tendon d'achille. Demain 4h30, strapping.
Faible kilométrage aujourd'hui mais grosse fatigue à l'arrivée car on doit maintenir son attention vis-à-vis de la circulation routière. C'est un peu stressant ce bruit additionné au déplacement d'air des poids lourds.
Bon, je ne vais pas me plaindre, car en plus j'ai payé pour être là.
Hier soir le dernier coureur est arrivé aux alentours de 21h. Nous étions tous couchés, les lumières éteintes.
Ce matin, il était au départ. Ce serait déplacé que je me plaigne.
Demain, gros kilométrage (85 kms) et toujours sur la nationale 26. Je pense que l'on va la suivre un bon moment.
Salut à tous!
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ETAPE 38: IL Y A DES JOURS COMME CA...:
...où on a pas envie. De rien. Pas envie de se lever, pas envie de discuter et surtout, pas envie de courir.
Je vous dit pas quand en plus on se lève à 4h pour 85 kms !
Au démarrage il faut s'occuper l'esprit. A ce jeu là, je suis pas mauvais, il suffit que je pense aux miens et c'est parti: des souvenirs, des projets, mais surtout que du bonheur et du positif.
Comme prévu, 85 kms sur la nationale 26. Temps clément, trafic moyen et en fin de compte après trente kilomètres, c'est parti. Quasiment toute l'étape en solitaire, juste sur la fin je remonte sur un coureur allemand pour terminer avec lui, on ne change pas les bonnes habitudes.
Arrivée 13ème position en 9h02' pour 85 kms. Toujours 12ème au général avec un peu plus de 274 heures au compteur pour quelques 2600 kms. (bonne moyenne, n'est-ce pas ? rires).
Le décor est somptueux, nous sommes constamment entourés de forêts de lacs et de prairies.
En fait, la journée s'est plutôt bien déroulée. Après la douche et la lessive quotidienne, un petit tour à la supérette pour quelques courses avec mon collègue Finlandais Janne.
Ce soir repas reporté à 19h car l'étape est un peu longue et il reste toujours des coureurs sur la route.
Demain, 64,9 kms, Toujours sur la nationale 26.
Bonsoir à tous.
ETAPE 39: UNE FORMALITE.
Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. En effet, l'étape d'aujourd'hui s'est passée comme une lettre à la poste. Le moral a répondu présent ce matin alors qu'un vent d'ouest glacial et un ciel menaçant avaient fait sortir les collants, bonnets et autres gants aux plus frileux. Ce froid n'est pas spécialement bon pour les articulations et mes genoux m'ont demandé une paire d'heure de chauffe. Les strapping de Ramona font des merveilles tellement que bientôt je vais pouvoir jouer dans le retour de la momie.
A l'arrivée, nous avons été accueilli par les élèves du collège avec distribution d'autographes à la clé.
La pluie a menacée toute l'étape mais encore une fois nous avons eu de la chance. Il est vrai que depuis le départ, soit environ quarante étapes, nous avons eu droit peut-être à trois jours de pluie et encore pas en continu.
Aujourd'hui, arrivée avec Janne, cela ne nous étais pas arrivé depuis l'Italie. Treizième position sur l'étape et c'est aujourd'hui que je perds la douzième place au général.
Depuis notre arrivée en Suède nous assistons à la montée en puissance de certains coureurs qui jusqu'ici étaient restés sur la réserve. Je pense que les classements vont évolués.
Ce matin, encore un abandon de taille, Cor le Hollandais, qui a même un mal fou à marcher. Il remontait tous les jours au classement et c'est un coureur d'une grande expérience puisqu'il était à l'arrivée de la Transeurope 2003.
Beaucoup de malades aussi dans le peloton alimenté par quelques douches froides. Certains s'isolent même, tellement leur toux est dérangeante. Enfin, de vraies vacances quoi !
Ce soir lors du repas nous avons eu un petit discours d'Ingo nous rappelant que demain nous ne seront plus qu'à vingt quatre jours du Cap Nord.
Avançons, avançons, les miens me manquent tant !
Demain, 73 kms sur la nationale 26. Le trafic reste correct ainsi que le comportement routier. (Palme d'or).
Un petit regret: où sont passées les pistes cyclables du début de la Suède?
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ETAPE 40: HISTOIRE D'EAU.
Après un petit déjeuner plus que copieux, départ comme tous les matins à 6h pour le premier groupe. tous les yeux étaient fixés sur le ciel qui ne nous laissait rien entrevoir de réjouissant. en effet quelques gouttes de pluie et un air toujours frais avaient fais sortir les ponchos et vêtements de pluie.
Cinq minutes après le départ, les quelques gouttes se transformèrent en une forte pluie qui nous accompagna durant près de trois heures.Sur la fin d'étape nous avons même eu des giboulées de grêle. Que du bonheur !
Au premier ravitaillement je décidais de troquer mon coupe-vent contre un poncho et je pense avoir fais le bon choix. Le poncho est vraiment imperméable et plus respirant (surtout ce modèle ultra-leger).
A chaque fois qu'un camion nous croisait c'était la douche assurée. Je ne vous parle même pas des chaussures dans lesquelles nous avons commencé à patauger au bout d'une demi-heure sachant que l'étape a duré entre six et douze heures selon les arrivées.
On ne parle pas assez souvent de tous ces bénévoles qui tiennent les ravitaillements. Une fois installés ils n'ont qu'un souhait: nous satisfaire.
Un geste, un sourire, un petit mot, tout est bon à prendre et à la longue, cerise sur le gâteau, on vous appelle même par votre prénom et on sait d'avance ce que vous désirez. Ces postes servent de pointage, de repaires mais aussi (personnellement) se sont des endroits de récupération qui sont les bien venus alors ce n'est pas si compliqué d'y arriver souriant et poli, ça me parait être la moindre des choses.
Arrivée: 13ème position en 7h45' pour 73 kms et toujours 13ème au général.
A l'heure qu'il est le soleil fait son apparition et on nous prévoit du beau temps pour les jours à venir.
Le paysage n'a pas changé: des forêts et encore des forêts avec très souvent de magnifiques lacs. Les sous-bois sont tapissés de lichen.Des sites de cartes postales, en plus grand. C'est magnifique !
J'aimerais beaucoup partager ces moments avec les miens.
Je vous dis à plus tard.
ETAPE 41:"ON THE ROAD AGAIN".
C'est sous un ciel bleu motivant que nous avons pris le départ ce matin pour 78 kms de route 45. Et oui, on a changé de numéro mais on est toujours sur une bonne et large route goudronnée au milieu des bois et d'un trafic calme. (A forte densité de camions).
Après un départ toujours au starter, le rythme se stabilisa à un niveau un peu plus haut que d'habitude, ce qui me permis de faire la course en tête de mon groupe.
Arrivée avec Janne en 11ème position. Toujours 13ème au général.
Cela fait deux étapes que je gagne du temps sur mes poursuivants direct. Jusqu'à présent, je ne m'étais jamais penché sur le sujet (ou très peu) les jours de grande forme l'esprit compétition refait surface.
Je repense souvent à ce que Marielle m'a dit à mon départ:"...vas-y pour voyager et pour vivre ton rêve, ensuite tu pourras penser "compétition" car il faut l'avouer, ça en est quand même une". Compétition avec soi-même, avec les autres, chacun son truc, pour ma part ce sont mes limites mentales et physiques que j'essaie de repousser toujours plus loin. Jusqu'où ?
Demain étape de 61 kms. Un peu de récupération (rires!).
Ce soir nous sommes hébergés dans de superbes petits bungalows en bois. Juste derrière se trouve un étang et le tout au milieu de nulle part.
A +.
ETAPE 42:"QUE DU PLAISIR !".
En effet, si cela pouvait durer jusqu'au bout. Un régal. Du soleil, de la chaleur et un mental en béton. Après, le physique suit mais il ne faut pas se plaindre car il y a des coureur bien mal en point et qui font tout leur possible pour rallier l'arrivée tous les jours.
Nous sommes partis à la fraîche comme tous les matins, et aujourd'hui comme hier le soleil illuminait le visage de tous les coureurs. Ce plein de vitamines n'est pas négligeable.
Depuis trois étapes je pars devant et ce n'est pas pour me déplaire. ma seule crainte c'est de trop bien faire et de réintégrer le groupe de sept heures.(Groupe de plus ou moins dix coureurs. Les plus rapides. Groupe qui part une heure après le gros des troupes).Je suis bien à six heures car ça ne part pas trop vite et je pense être à ma place.Pour demain, je ne sais pas ce que va décider Ingo, je le saurais ce soir.
Je termine 10ème de l'étape. Toujours 13ème au général. 6h01' pour 61,4 kms: pas mal.
Nous approchons des 3000 kms donc du Cap Nord par la même occasion.
Dés que j'ai été douché et que j'ai pu étendre mon linge, j'ai appelé Marielle et les enfants. J'ai pu avoir tout le monde, quel bonheur. J'ai longuement parlé avec mon fils Julien, comme il va passer ses examens la semaine prochaine je voulais savoir où il en était. Après j'ai eu ses soeurs et Marielle. Nous avons beaucoup parlé de mon retour. Après avoir raccroché ils m'ont envoyé une photo de eux quatre. Vous me direz ça c'est pas la course et moi je vous répondrez que ça en fait parti: sans eux, difficile d'arriver au bout.
Pour demain on nous prévoit du beau temps sur une étape longue de 85 kms.
Ne perdez pas le fil et merci pour vos messages.
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ETAPE 43: OU EN EST-ON AVEC LE PHYSIQUE?
C'est un peu dans cet esprit là que j'ai pris le départ ce matin. L'étape s'annonçait propice à ce genre de test.
En effet, de la longueur et de la chaleur. Bien gérer les deux serait un signe révélateur pour le mental.
La météo nous annonçait de la chaleur et elle fut là. Déjà sur la ligne de départ à 6h, le soleil chauffait copieusement, je pris donc la décision de laisser mes deux petites gourdes pour emporter une 500ml. L'option fut bonne et je me forçais à boire tous les quart d'heure. Une gourde entre chaque CP plus un ou deux verres en y arrivant, je pense avoir bu six litres sur l'étape. Malgré cela: moins deux kilos. (56,2 kg).
Après avoir été dans le groupe de tête une bonne partie de la matinée, je pris les devants pour me retrouver meneur du groupe jusqu'au kilomètre 78. Ensuite je laissais revenir pour finir avec Hiroko et Markus.
Résultat: 9ème en 8h40' pour 85,7 kms. Toujours 13ème au général.
Me voilà rassuré quant à ma forme physique. Des douleurs oui, mais rien de plus normal après tant de temps sur la route. Des tendons d'Achille qui restent fragiles, des genoux qui me disent combien la route est longue et plus de signe de mes releveurs. Le trucs le plus inquiétant c'est mon poids.Pas question de baisser plus.
Une semaine à peu près tranquille s'annonce avec pour commencer demain 57,9 kms. Toujours la route 45.
Le petit village de RÄTAN nous a particulièrement bien accueilli. A l'arrivée avec du public, au niveau de l'hébergement ainsi que pour le couvert.
Demain nous passons les 3000 kms.
Bonne soirée.
ETAPE 44: BONNE RECUPERATION!
Le lundi de Pentecôte n'est pas férié en Suède. Nous sommes hébergés dans une école et il a fallu attendre pour la salle de sport car les élèves avaient cours. Les premiers arrivés, on nous a même proposé deux salles de classes libres et c'est comme ça que je retrouve pour dormir entre l'armoire à peinture et la bibliothèque.
Un petit coin sympathique que je me suis aménagé comme à la maison. Un peu sur les tables, un peu en dessous et le tour est joué. Les élèves nous attendaient sous l'arche d'arrivée pour nous applaudir et nous demander des autographes.
L'étape s'est plutôt bien passée puisque jusqu'au 30ème km j'ai fait la course en tête de mon groupe avant d'être rejoint puis devancé par Markus puis Achim qui finissent ensemble à 300 m devant.
Pas spécialement de séquelles par rapport à la grosse et chaude étape d'hier. En gros, j'ai dû bien gérer le rythme et l'hydratation. C'est qu'aujourd'hui c'est quand même parti sur un rythme un peu soutenu comme l'étape faisait 57,9 kms, beaucoup plus court que d'habitude dirons nous.
Aujourd'hui nous avons passé les 3000 kms: c'est quand même énorme. Comme pour fêter ça, un daim a traverser la route juste à mon passage. Jusqu'à présent je n'avais eu l'occasion de voir que des écureuils.
Résultat: 10ème sur cette 44ème étape et toujours 13ème au général.
A bientôt.
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ETAPE 45: ATTENTION AU RYTHME, LA ROUTE EST ENCORE LONGUE.
Une question me tarabuste depuis au moins trois étapes. Il est vrai que le rythme de course a quelque peu augmenté notamment dans le groupe de six heures .Aujourd'hui encore la moyenne dépasse les 10 km/h.
Hier j'ai répondu mais je sentais bien le léger sur-régime. Aujourd'hui je me suis incliné à la mi-parcours.
Résultat: arrivée avec Ulrich en 12ème position, en 5h56' pour 60,3 kms. Au général: 13 ème.
Depuis notre entrée en Suède, des coureurs de milieu de tableau qui avaient bien caché leur jeu viennent aux avant- postes disputer les premières places du groupe. Ils arrivent au moment où certains accusent le coup, tandis que eux jusqu'à présent sur la réserve ont du jus à revendre. Je me demande si en fait ce ne serait pas la meilleure stratégie, car tu arrives un peu plus frais, sûr de ton potentiel et en faisant douter les autres. Bien intuité! N'allez pas voir, en ces commentaires, de la jalousie, surtout pas, mais juste les commentaires de quelqu'un qui doute. Surtout qu'avec les gars, il y a une vraie et cordiale entente.
Je me suis surpris à faire des calculs pour savoir combien de temps par étapes restantes faudrait-il à celui là pour me passer devant, etc...........(j'ai honte) serait-ce l'esprit de compétition qui reprendrait le dessus?
Bon, en attendant nous nous sommes gelés. Dès le départ un ciel couvert accompagné d'un vent glacial nous faisait craindre le pire... et nous y avons eu droit: des giboulées.
J'avais oublié que nous nous rapprochions tous les jours un peu plus du Cap Nord.
Certains, au cours des dernières étapes ont ramassé des champignons et c'est comme ça qu'à 14h nous avons eu droit à une omelette aux morilles. Royal, non?
Aujourd'hui nous avons longé un lac durant presque quarante kilomètres. Je vous confirme qu'ici ils ont pas mal d'eau douce.
Demain, 79,1 kms. L'occasion de revoir les réglages au niveau du rythme.
Merci de votre attention. A+.
Une pensée pour mon fils Julien qui passe ses examens.
ETAPE 46: CHASSEZ LE NATUREL ... (03/06/09).
...il revient au galop. En effet, mettez-moi un dossard et quelqu'un devant: la chasse est ouverte.
Ce matin, de bonnes intentions en tête je pris le départ plus ou moins sagement, en tout cas je n'étais pas en tête. Tout se passait pour le mieux sur un rythme raisonnable et puis devant ça a commencé à partir dans tous les sens alors je n'ai pas pu résister et je m'en suis mêlé. J'ai bien senti que derrière ils ne restaient pas sans rien faire alors je me suis dit qu'il fallait aller au bout. pour aujourd'hui cela voulait dire presque quatre vingt kilomètres. les conditions météo de ce jour étaient pour le moins "pourries". Seulement deux degrés au lever avec du vent et des giboulées de grêle. Le rêve, quoi!
Le mental était bien disposé à en découdre et le physique ne m'a pas lâché. Le top. Il y a des jours comme ça.
Une étape à plus de dix kilomètres/heure. Une neuvième place ce-jour et sûrement toujours treizième au général.
A l'heure à laquelle j'écrit, encore beaucoup de coureur sur la route. Hiroko vient juste d'arriver, en pleurs, après presque onze heures sur le bitume. Que lui est-il arrivée, elle qui flirter plutôt avec le haut du tableau?
Le cumul des kilomètres, les intempéries, la pression que se met individuellement chacun de nous, les blessures et autres, sont autant de choses qui peuvent faire flancher un coureur.
Où sont passés le voyage et le rêve dans tout ça? Facile à dire? Peut-être oui mais pour ma part chaque fois que ça part en vrille dans ma tête ou physiquement et bien je regarde derrière moi et je revois ceux, qui le matin sur la ligne de départ partent avec des bâtons alors qu'il y a à peine dix heures ils finissaient l'étape de la veille après souvent dix voire douze heures sur la route.
Je ne me permettrais pas de donner quelque leçon que se soit, c'est juste ma vision des choses, et c'est en partie à Marielle ma moitié que que je dois de raisonner ainsi. Un jour de 2005, dans la Death Valley, près à l'abandon, elle me remis en piste en argumentant de la sorte. Chapeau bas, pour une non-sportive.
Pour revenir en Suède, nous avons eu droit aussi à d'interminables lignes droites, un peu comme aux Etats-Unis. Je pense que la dernière doit faire dix kilomètres, ça, ça enfonce bien le clou quand on a le moral dans les chaussettes.
Si je me fis aux résultats d'aujourd'hui, il y a de fortes chances pour que demain je parte dans le groupe de sept heures. Cela ne m'enchante guerre mais côté physique... pourvu que ça dure!
Bye! Bye!
Dernier jour d'examen pour mon fils Julien. Bises à lui.
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ETAPE 47: DEPART AVEC" LE GROUPE DE 7H".
Comme je le prévoyais hier soir, ce matin je faisais parti du groupe qui part à 7h alors que les autres partent à 6h. Ce groupe est donc composé suivant les résultats de la veille. Ingo, en général, prend les dix premiers de l'étape (les plus rapides donc) et les fait partir une heure plus tard que les autres. Au tout début, en Italie, j'ai dû faire un douzaine d'étapes au sein de ce groupe. Ce qui se passe en fait, c'est que pas grand monde de 6h veut passer à 7h. La raison: un départ plus rapide ce qui fait que si l'on ne suit pas, on se retrouve vite seul.
Ce que j'y trouve d'interressant, c'est que le matin on est moins pressé pour tout, on peut s'étirer sans penser à autre chose,et surtout cela permet au bout de deux heures voir une heure et demi, de remonter les coureurs qui sont partis à six heures. A ce moment là, on se congratule, on s'encourage, c'est un moment très fort je trouve, très humain.
Aujourd'hui je me suis donc accroché à ce groupe et ça a payé (sans casse) car je finis avec Henry du même groupe, ce qui me fait une 9ème place d'étape et (je pense) 13ème au général.
Le cadre est fidèle à la Suède (toujours) du bois et de l'eau de tous les côtés. Ce matin j'ai remarqué un talus couvert de muguet avec quelques clochettes. Plusieurs fois, en pleine nature, je me suis trouvé devant des parterres immenses de muguet. La cueillettes des morilles continue. Un coureur en comptabilise cinquante trois.
Côté climat, ce qui sidère le peloton, c'est la différence de température un passage nuageux et une éclaircie.
Dès que le soleil sort, il chauffe énormément et lorsque ça se couvre, on se gèle réellement. Pas évident pour choisir sa tenue de course.
Demain, décrassage avec 56,2 kms toujours sur la 45.
Tchao !
Il y a de fortes chances pour que demain je parte à nouveau à 7 HEURES. Cool!
ETAPE 48: BIENVENUE EN LAPONIE.
Depuis hier nous sommes donc entrés en Laponie, et comme fait exprès, aujourd'hui j'ai pu apercevoir mes premiers rennes. En tout cas, ils ressemblaient étrangement à ceux du Père Noël. C'était à deux kilomètres du dernier ravitaillement, je n'étais pas sûr de moi et pour me le confirmer je me suis engagé dans les bois et juste derrière dans une clairière, il était là en train de brouter. J'ai crier pour lui faire lever la tête (ce qu'il a fait) et il n'a même pas fuit, au contraire deux autres sont apparus. J'ai dégainé l'appareil photo et pris un cliché mais ils se trouvaient un peu loin. J'espère en voir d'autres pour faire une photo sympa.
Revenons à la course. Je suis donc parti avec le groupe de 7h sous un vent glacial (4°c) Mais avec du soleil puis ça s'est couvert pour le reste de la journée. Le plus pénible, c'est bien le vent de face. J'ai eu l'impression d'être en côte durant toute l'étape. Comme hier j'ai réussi à m'accrocher, plutôt pas mal puisque je fini 9ème de l'étape et je gagne une place au classement général. Oh! y a pas de quoi à être fier car c'est sur Hiroko qui est blessée et qui a perdu une dizaine d'heures en trois étapes...c'est la course.
Je pense que demain c'est reparti pour 7h. Allons-y, ce n'est pas une punition.
Demain, 68kms sur la 45.
A bientôt.
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ETAPE 49:...ET TOMBE LA NEIGE.
Je crois que nous aurons tout eu sur cette épreuve comme temps. Aujourd'hui à deux reprises la neige a fait son apparition. Autant vous dire que la température n'était pas bien haute. Je n'aurais pas aimé être à la place des bénévoles aux postes de ravitaillement. En ce samedi, le trafic sur la 45 est relativement calme. Durant l'étape j'ai pu apercevoir un camping-car des Pyrénées orientales et un monospace du Loiret. Tous deux montés vers le Cap Nord. Aux alentours du troisième ravitaillement, j'ai eu une pensée pour mon ami Jacques (Sirat) quand nous nous sommes fait dépasser puis encourager par un cycliste Suisse qui montait au Cap sur un vélo chargé pour l'occasion. Gérard a complété sa collection de morilles donc, demain, omelette.
Départ sans vent pour cette 49ème étape. Nous étions neuf dans le groupe de 7h. Je me suis rapidement fait distancer mais toujours au contact de mon ami Suisse, Martin Wagen.
Résultat: 8 ème de l'étape et 12 ème au général. Demain matin sûrement pour 7h.
6h48' pour 68,3 kms. Durant l'étape nous avons passé les 3333 kms. (pas mal).
Nous venons juste d'apprendre l'abandon de Jenny la Hollandaise qui se traînait en queue de peloton depuis quelques jours et qui a dû jeter l'éponge après que les médecins lui aient diagnostiqué une fracture de fatigue au niveau du bassin et cela faisait quelques étapes qu'elle traînait cette blessure. Dure réalité si près du but.
A demain.
ETAPE 50: UNE JOURNEE DE REFLEXION.
En effet, j'ai pris cette étape comme une journée de réflexion ou de transition. Demain nous attaquons des étapes à fort kilométrage et je me demandais si je devais continuer sur ce rythme ou bien "tomber un rapport" pour passer plus cool. En gros, départ à six ou sept heures? J'ai fini par opter pour un départ à six heures, ce qui signifiait une allure plus tranquille aujourd'hui. Quelle n'a pas été ma surprise quand, en me connectant tout à l'heure, je vis le classement et ma dixième position. Je viens d'aller voir la liste et Ingo ne prend que sept coureurs pour sept heures, donc demain comme prévu, départ dans le premier groupe. Ce qui permettra d'arriver plutôt au gymnase.
Ce matin entre le 3ème et le 4ème ravitaillement, un bel animal a traversé la route à 100m devant moi. Je ne saurais dire si c'était un renne, un élan ou un caribou. Sûrement une femelle puisque je n'est discerné aucuns bois mais par contre ça faisait la taille d'un mulet. Belle bête. Je l'ai eu en photo.
Résultat de la journée: 10ème de l'étape en 7h22' pour 72 kms. Au général: 12ème.
Demain, 84 kms au programme suivis de 95 kms après-demain.
Je peux vous garantir que ces étapes font peur à tout le monde. La tension est palpable au sein du peloton. Nous sommes tout près du but et pourtant rien n'est joué. PRUDENCE.
Je ne vous garantis pas que demain soir je puisse vous raconter ma journée mais je ferais mon possible avec au moins le classement.(priorité à la récupération).
Merci d'être fidèle au rendez-vous journalier. See you later.
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ETAPE 51: COMME SUR DES ROULETTES.
Bonjour à tous. Sacrée journée sur les routes de Suède. J'ai avalé 85 kms comme si j'étais en manque de kilomètres.Huit heures trente pour boucler cette étape sur cette route 45 où la circulation ne nous aura pas posé de problèmes. Un chasseur d'image se serait régalé puisque j'ai eu l'occasion de voir un élan et cinq ou six rennes. A six kilomètres de l'arrivée, j'ai même trouvé sur un talus, un bois de renne que j'ai bien sûr pris avec moi et confié au dernier poste de ravitaillement. Le temps est resté nuageux avec quelques éclaircies mais on peut dire clément pour courir.
Résultat: arrivée avec Christian en 8 ème position. Au général: 12 ème.
Ce soir le repas est décalé d'une heure à cause des arrivée tardives. Il est 18h40 et il y a encore du monde sur la route. Ce genre d'étape laisse des traces sur les organismes et le fait de savoir que demain nous partons pour encore plus long...
Bonne fin de soirée. Ici le soleil ne se couche déjà plus.
On se rapproche du but (plus de 3500 kms ce soir) donc ça sent bon la maison et les miens ne sont plus très loin.
ETAPE 52:"UN PETIT" 100 kms POUR LA JOURNEE:
Je suis dans l'impossibilité de vous donner les résultats de la journée car je n'arrive pas à entrer sur le site de la course et comme beaucoup de coureurs sont sur la route, le classement est loin d'être affiché.
Je pense avoir fait une étape "d'enfer"puisque je finis premier de mon groupe en moins de dix heures pour un peu plus de quatre vingt quinze kilomètres. Ce matin, je me suis levé en me disant:"...et si on se faisait un petit Millau". Après les quatre vingt cinq kilomètres d'hier, on peut dire que c'est un vrai test pour savoir où en est notre état physique. Je dois avouer qu'à la mi-parcours j'ai dû lever le pied à cause de mon problème de genoux. Il parait que demain , nous passons le cercle polaire arctique: génial!!!!!!!
Demain donc, récupération avec une soixantaine de kilomètres avant d'attaquer à nouveau du "lourd", jeudi.
Ce soir, nous sommes logés dans une école aux pieds d'une petite station de ski au milieu de nulle part.
C'est sympa car nous sommes dans de vrais lits et nous avons mangé dans snack, tout en bois et cela m'a rappelé un petit resto dans les Alpes où l'on a passé un merveilleux moment avec Marielle et les enfants.
Le moindre petit truc qui me fait penser aux miens, et hop!...je m'évade.
BYE! BYE!
Sûrement que demain...départ à 7h.
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ETAPE 53: SOYONS BREF:
Ce soir je vais faire bref car j'ai préféré passer un long moment avec les miens au téléphone plutôt que d'alimenter le site.
Les résultats: pour l'étape d'hier, je finis 7ème en 9h42' pour 95,1 kms. Aujourd'hui, l'étape était de 59,5 kms
bouclés en 5h48'. Une place de 8ème et toujours 12ème au général.
Aujourd'hui, nous avons passé le cercle polaire arctique.
Demain, nouvelle grosse étape: 94,4 kms.
Désolé mais je n'avais pas trop la tête à écrire. Espérons que la" pêche" va vite revenir!
A bientôt.
ETAPE 54: I'M RUNNING IN THE RAIN! ...
Comme nous l'avait annoncé la météo, nous avons eu une étape arrosée. A l'heure où je vous fais ces commentaires, il tombe des trombes d'eau et pas mal de coureurs sont encore sur la route. Le temps limite pour aujourd'hui est 22h30'.
Vous l'aviez peut-être compris, hier le moral n'était pas au top et c'est sans envie que j'ai pris le départ ce matin .D'autant plus que je faisais parti du groupe de 7h et que sur des étapes de cette longueur il vaut mieux partir plus tôt, cela laisse plus de place pour la récupération.
C'est un peu comme si je voulais en finir au plus vite avec cette étape. Au départ j'ai bien remarqué le round d'observation de certains, personne n'ose s'engager alors au bout de demi-heure j'ai pris les devants et je peux vous dire que j'étais pas peu fier de précéder les n°2,3 et 4 du classement général. Bien sûr je me suis dit d'en profiter car ça n'allait pas durer. Au 50ème kilomètre ils sont tous passés devant lors de mon arrêt prolongé au ravitaillement. J'ai fait le têtu et c'est à cinq kilomètres de l'arrivée que je reprenais René et Takasumi.
Résultat: 5ème sur les 94 kms bouclés en 9h45'. Toujours 12ème au général.
Je tenais à vous remercier pour tous vos messages d'encouragements, cela fait vraiment chaud au coeur de sentir votre soutien jour après jour ...et jusqu'au bout!
Là je commence vraiment à avoir ma dose de kilomètres et vivement que cela se termine.
J'en ai discuté avec plusieurs coureurs et nous sommes tous d'accord: vite, qu'on en finisse!
Pourquoi se lancer dans ce genre d'aventure? Qu'en retenir une fois fini? Repartir?
Demain nous partons tous groupés car le gymnase se trouvant à six kilomètres de la ligne d'arrivée, c'est en bus que nous gagnerons le départ.
A demain....................................  
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ETAPE 55: TRISTE JOURNEE.
Passons vite fait sur le résultat de la journée: je pense être 8ème sur l'étape. Je n'ai pas réussi à me connecter pour le vérifier.
Aujourd'hui, à neuf étapes du but, deux coureur ont tiré leur révérence. Mike, le germano-turc qui se traînait depuis pas mal de temps n'a pu venir à bout des soixante quinze kilomètres de la journée. Le second à nous quitter est le COPAIN Fabrice. Alors qu'il revenait à sa place habituelle après avoir galère quelques jours, ce matin en se levant, il m'avoue ne pas avoir fermé l'oeil de la nuit à cause d'une douleur lancinante à la main. En effet , sa main et plus particulièrement un doigt avait doublé de volume.Sur mes conseils il alla voir Jan l'infirmier qui, voyant la situation lui conseilla sagement un diagnostic à l'hôpital où il le conduisit dès six heures (arrangement avec Ingo pour un départ différé). C'est au dernier ravitaillement que j'ai appris la nouvelle.Nous ne revérons plus Fabrice sur la course. Diagnostic: infime plaie par laquelle des bactéries ont contaminées les tissus, muscles et tendons. Opération d'urgence pour nettoyer au plus vite, antibiotiques par intraveineuse.
Cela a miné le moral de l'équipe sans parler du concerné bien sûr. A la limite je préfère ne pas avoir eu à croiser son regard au moment du verdict.
Pour nous tous ici présent, cette course représente quelque chose grandiose, un accomplissement, une récompense.......si près du but.
FABRICE, mes pensées t'accompagnent.
Je suis sûr Fabrice que tu trouvera le réconfort nécessaire auprès de ton épouse Pascale et de vos deux enfants. Ils peuvent et doivent être fiers de ce que tu as réalisé.
Bonsoir.
ETAPE 56: CHANGEMENT DE DECOR.
C'est donc sans Fabrice que nous avons pris le départ de cette 56ème étape ce matin.
Temps couvert et vent froid, souvent de face mais on commence à avoir l'habitude de ces départs vivifiants.
Pour moi le départ était à sept heures, nous étions neuf dans ce groupe ce matin.
Dès les premiers kilomètres, je pris la troisième place, pas en sur régime mais j'avais la pêche et comme j'ai toujours couru au feeling... j'y suis allé.
Au quarantième kilomètre, ma légère avance allait fondre comme neige au soleil. En effet, après le cinquième ravitaillement j'ai été pris de violentes douleurs abdominales qui m'obligeaient à faire toutes les dix minutes des haltes à l'abri des regards. Plutôt désagréable comme deuxième partie d'étape.
Aléxia, la femme de Martin, au sixième ravitaillement, me sauva la mise en me proposant des médicaments qui firent leur effet assez rapidement. Je lui dois une fière chandelle.
J'ai pu finir tranquillement ma journée.
Résultat: 7ème en 8h02' pour 79,5 kms. J'ai gagné une place au classement général: 11ème.
Cela fait une semaine que l'on a pu s'apercevoir que la végétation et le paysage changent.
Les parties non-boisées sont de plus en plus nombreuses et les arbres sont de plus en plus petits. Je peux même vous parler des sous-bois car j'ai eu mainte fois l'occasion aujourd'hui de m'y aventurer, et bien au sol la végétation est telle une moquette dans laquelle on s'enfonce jusqu'à mi-cheville.
De temps en temps au bord de la route, on trouve le cadavre d'un renne accompagné bien souvent de pare-choc, de calandres et autres optiques de voitures. Cela fait quand même plus de dégâts qu'un lièvre!
Demain, étape courte: un peu moins de soixante kilomètres et avec la "gnaque".(...et la pluie).
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ETAPE 57: DE L'EAU, DES MAUX, DES BOBOS.
Départ à sept heures ce matin pour un peu plus de cinquante kilomètres. Temps frais, légère bruine et plafond très bas. Mon genoux me pose des problèmes dès les premières foulées. Mes problèmes d'estomac sont oubliés et voilà autre chose pour gâcher une étape. Je suis un peu inquiet car la douleur ne m'a pas lâchée du début à la fin. D'un autre côté je me dis que j'arrive quand même à courir et qu'il y en a qui sont bien plus à plaindre. A dix kilomètres de l'arrivée, nous avons été pris sous une pluie battante qui n'arrangea rien aux problèmes musculaires et tendineux.
Résultat: 8ème sur l'étape et une place de plus de gagnée au général: 10 ème.
L'après-midi a été consacrée à la récupération après un bon repas chez"Nicole". J'avoue, après la douche, m'être laissé tenté par un sauna.
Nous avons reçu un message de Fabrice sur l'ordinateur de la course. Il se faisait réopérer aujourd'hui afin de continuer le travail de nettoyage.
Demain, nous passons en Finlande, et au 18ème kms de l'étape nous franchissons les 4000 kms.(Dantesque!).
A demain pour la suite.
ETAPE 58: DETOUR PAR LA FINLANDE.
Si vous prenez la carte et que vous regardez le tracé de la Transeurope, vous verrez que la Finlande, on va vraiment la chercher. C'est vrai que le plus direct est encore de tirer tout droit, mais faut-il qu'il y est une route! Bref, hier soir nous avons fait étape à un kilomètre de la frontière donc ce matin, après ce fameux kilomètre, nous étions en Finlande. Un départ sous des trombes d'eau. L'ouverture des frontière n'a pas que du bon puisque la pluie Suédoise ressemble étrangement à la Finlandaise. Bon, cela n'a duré que trois heures.
Vers le vingtième kilomètre de l'étape nous avons franchi les 4000 kms.(Impressionnant, non?).
Côté physique, et bien c'était bien meilleur qu'hier donc par la même occasion le moral "au beau fixe".
Je pense avoir fait l'étape type: d'une régularité impeccable. Je fini d'ailleurs avec mon ami Martin.
Résultat: 7ème de l'étape et 10ème au général. J'en ai profité pour accentuer mon avance sur mes poursuivants directs. A confirmer sur les dernières étapes.
A l'arrivée, nous avons eu droit à la prise de sang (chaque 1000 kms).
Ce sera notre seule étape Finlandaise puisque demain nous passons en Norvège pour la dernière ligne droite.
Je vous avoue que je suis content d'avoir quitter la Suède, après 25 étapes dans des conditions climatiques assez spéciales, elle représentait le plus long tronçon (1800 kms environ).
Demain, un peu plus de quatre vingt kilomètres au programme.
Autre abandon de taille aujourd'hui: Hiroko.(no coment!).
Amicalement.
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ETAPE 59:...ET POUR FINIR, LA NORVEGE. ...
Au programme aujourd'hui, 81,7 kms avec un passage de frontière aux alentours du quarantième kilomètres.
Nous sommes donc passés en Norvège mais cela ne nous a pas changé beaucoup, à part la monnaie. Nous sommes partis sous la pluie avec un vent de face glacial. Et dire qu'on a payé pour faire ça! (rires).
Je ne sais pas si je vous parle du physique, cela doit commencer à faire rengaine... mais bon. Toujours les genoux qui posent problème, mais je me demande si après plus de 4000 kms ce n'est pas normal.
Le mental aussi a eu du mal à se lancer dans l'étape, il a fallu se faire violence et puis dans le feux de l'action, on se prend au jeu. Aujourd'hui j'ai même remonté des coureurs du 1er groupe que je n'avais jamais doublé jusqu'à présent, notamment mes concurrents directs.
Résultat: 6ème en 8h15' pour les 81,7 kms. Au général: 10 ème.
Ce soir, l'hébergement est vraiment petit. Nous sommes entassés dans une petite salle de sport. Et à l'arrivée les douches froides en ont surpris plus d'un.
Je suis allé passé mon dernier IRM et je pense que les résultats de cette étude va en surprendre plus d'un.
Demain, une soixantaine de kilomètres donc un peu plus de récupération l'après-midi.
Bye! Bye!
ETAPE 60:...ET SOUDAIN, L'EMOTION.
Départ à sept heures pour les neufs du groupe 2. Et c'est sous un ciel bleu et un soleil rayonnant que nous nous élancèrent pour les 62 kms de cette soixantième étape. Pas beaucoup d'enthousiasme de ma part ce matin malgré le temps mais ce manque d'énergie s'envole dès les premiers dépassements des coureurs du 1er groupe. A partir de là, changement d'attitude car je me dis qu'ils aimeraient sûrement prendre ma place, eux qui vont passer entre deux et cinq heures de plus sur la route, tous les jours. Le temps aussi change et le ciel se couvre entièrement, dommage! Nous sommes sur la route n°93, au trafic très calme. On a vraiment l'impression de courir au milieu de nulle part. Les arbres se font de plus en plus petits jusqu'à devenir arbustes, essentiellement du bouleau. Toujours de l'eau de tous les côtés, lacs, cours d'eau plus ou moins importants et ce paysage à perte de vue. Tout près, des restes de neige ça et là qui justifient cet air glacial qui nous fouette en permanence le visage. A l'instant, la pluie fait son apparition.
Résultat de la journée: arrivée avec Ullrich en 6h03' (8ème) bonne moyenne, non?...et 10ème au général.
Revenons au titre de l'article: cela fait quelques jours, et plus intensément chaque jour, que je me surprend à vivre en rêve l'arrivée au Cap Nord. La plupart du temps c'est en courant que ces images se précisent le plus. Je peux dire qu'à ce moment là je vis quelque chose de très intense, l'émotion me submerge et j'en viens aux larmes. Je voudrais tant vous faire partager ces moments là, des moments d'une rare intensité et je pense que le jour J, sera LE moment attendu depuis 64 jours, l'ultime récompense après tant d'effort, de douleur, de préparation, d'entrainement, tant de temps de séparation d'avec les miens.
Encore quatre étapes avant le Graal. Vivre aussi intensément durant tant de temps ne peut que laisser quelque chose d'indélébile gravé à tout jamais dans ma mémoire.
Souvent je regarde la carte sur laquelle est retracé notre périple et là, devant le tracé je me dis: incroyable mais tu vas l'avoir réalisé.
A demain.
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ETAPE 61: PAYSAGES MAGNIFIQUES. ...
Résultat: une 6ème place pour les 85,5 kms dans un temps de 8h20', et 10ème au général.
Je vais être bref car je suis assez fatigué de l'étape et nous avons beaucoup moins de récupération que d'habitude. Sans compter que demain, on repart pour 92 kms.
Sinon, des paysages magnifiques sous le soleil, rien de tel pour passer une bonne journée.
Arrivée dans la banlieue d'Alta, dernière ville importante avant le Cap Nord.
ETAPE 62: MOI, J'APELLE CA L'HIVER!...
Au départ ce matin, nous étions nombreux à avoir sous-estimé la météo. A l'endroit où nous nous trouvions le temps était clément, un peu comme hier. C'était sans compter un petit col à passer et nous nous sommes retrouvés sur un plateau balayé par un vent glacial que nous avions de face bien sûr. Tout autour de nous le paysage perdait ses arbres pour laisser place à des espaces parsemés de restes de neige et sur lesquels nous avons pu observer des troupeaux de rennes. Le ciel resta couvert toute la journée. Heureusement que dans deux jours, c'est l'été.
Partis avec la même tenue qu'hier, beaucoup de coureurs ont vite déchanté. Pour ma part, Jan l'infirmier m'a passé des gants en latex sur lesquels j'ai enfilé des gants polaires que Alexia m'a fait passer sur un poste de ravitaillement. Je crois que si on faisait un sondage au sein du peloton:"Quelle journée de m.......", et ça dans toutes les langues. Il y avait quand même un peu plus de quatre vingt douze kilomètres.
Je me demande encore où nous allons puiser cette énergie, cette volonté pour avancer coûte que coûte.
Résultat: arrivée en 8ème place avec mon ami Martin. Au général: 10ème.
92,5 kms en 9h54', c'est quand même une bonne journée sur la route. Certains en on jusqu'à 22h ce soir.
Demain, un peu plus de quatre vingt kilomètres dans les mêmes conditions...et dimanche: LA LIGNE D'ARRIVEE.
A bientôt.
ETAPE 63: IL FAUT SE LE GAGNER, LE CAP.
Ne vous fiez pas aux photos du site, elles ont été prises au début de l'étape. (jusqu'au 25ème kilomètre).
Les soixante qui ont suivi nous ont fait plier l'échine. Des bourrasques de vent nous obligeant à marcher, des averses glaciales nous trempant jusqu'aux os et un froid qui nous tétanisait les muscles.
je pense que pour moi cela aura était l'étape la plus dure physiquement depuis BARI. Après le 5ème ravitaillement, je ne savais plus comment réchauffer mes mains (dans des gants trempes), et mes pieds que je ne sentais plus (c'est bien la première fois!). Mes sinus me rappelaient combien ils aimaient ces températures mais j'essayais quand même de trouver du positif dans tout ça: demain c'est la "der".
Mais bon, le mauvais temps il est pour tout le monde et il y en a qui vont l'affronter beaucoup plus longtemps.
Résultat: une 6ème place partagée avec Trond. Toujours 10ème au général en espérant le rester.
Beaucoup de rennes sur l'étape mais la plus belle surprise fut pour nous depuis la fenêtre de notre salle de couchage quand en pleine ville, sur une aire de jeux pour enfants, un troupeau d'une douzaine de rennes prit place et se mit à paître tranquillement. Cette attraction fit la joie de tous les Japonais présents.
Aujourd'hui, nous avons traversé trois tunnels sur le circuit. Le dernier, juste avant l'arrivée mesurait 7 kms et celui-là passait sous la mer. (trois kms de descente et quatre kms de montée.)
Là au moins, nous étions à l'abri.
Désolé pour ces résumés succincts mais je n'ai pas trop de temps et je préfère le consacrer à la récupération.
Et puis il y a l'excitation: demain c'est L'ARRIVEE.
Bonsoir. 
ETAPE 64: "JE L'AI FAIT".
Désolé du retard pour la mise à jour mais j'avais quelque chose à savourer.
Comme je disais à un ami:"Je l'ai fait... j'y suis arrivé... j'y croyais!"
Et bien oui, j'ai bouclé la Transeurope 2009, soit 4487,7 kms en 64 étapes sans un seul jour de repos.
Nous sommes partis de BARI en Italie le 19 avril pour finir au CAP NORD en Norvège le 21 juin. Il m'aura fallu exactement 466h11'11'' pour venir à bout du"monument". Je termine donc à la 10ème place de cette compétition hors normes. Après avoir vécu des moments de joie, de bonheur, de douleur, de peine et autre, j'ai franchi la ligne d'arrivée hier aux alentours de 11h30'. Cette ultime étape ne nous à rien épargné: pluie, neige, vent violent, froid de canard et fort dénivelé. Pour la dernière, ce fut un départ commun.
Voulant en finir au plus vite, je suis parti dans le groupe de tête et à deux kilomètre de l'arrivée j'ai eu la possibilité de disputer une place sur le podium mais j'ai préféré laisser partir pour pouvoir téléphoner à Marielle et vivre ce moment avec elle, en direct. J'ai du mal à trouver les mots pour qualifier un tel moment et je pense préférer qu'il reste entre nous. Donc je ne vais pas trop m'attarder.
Là, je vous écrit d'une chambre d'hotel à Alta (Norvège), mon avion est pour demain. Ce matin à 3h, un bus nous a ramené à l'aéroport le plus proche. De là nous aurons une correspondance pour Oslo qui, lui, dessert les plus gros aéroports.
Maintenant ma prochaine étape (la 65ème) sera de retrouver les miens. Cette journée à l'hotel, même si je l'ai passé à dormir, m'a paru interminable.
J'ai l'impression que ma récompense pour cet accomplissement (j'ai du mal à dire exploit) est la plus belle de toutes, celle de retrouver Marielle et les enfants. Leur soutien durant plus de deux mois, la vie sans moi à la maison avec ses hauts et ses bas, je suis si FIER d'eux! On ne peux tirer que du positif d'une aventure pareille.
On se découvre, on découvre les autres.
Un rêve, un voyage et une aventure humaine.
MERCI de tout votre soutien, il m'a aidé à aller de l'avant.
Je vous tiendrai au courant de la suite...Bye Bye.

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